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Air Algérie entame 2021 en zone de turbulences

L’année 2020 a sans doute été la plus mauvaise dans l’histoire de la compagnie Air Algérie. Les avions de la compagnie aérienne nationale ont été cloués au sol dès le 17 mars, date de la fermeture des frontières algériennes. L’Algérie fait partie des 17 pays qui maintiennent leurs frontières fermées depuis mars.

Résultat : Air Algérie n’a opéré que quelques dizaines de vols de rapatriement. Insuffisant pour renflouer les caisses de la compagnie. Air Algérie doit également faire face à des milliers de demandes de remboursement, notamment en France. Pour l’heure, la compagnie ne rembourse pas, ce qui l’expose à des critiques.

Pour de nombreuses compagnies aériennes, l’année 2021 est synonyme d’espoir de reprise des vols. L’arrivée des vaccins rend cette hypothèse désormais crédible, même si personne ne s’aventure à annoncer une date de reprise.

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Mais pour Air Algérie, l’année 2021 débute mal. La compagnie éclaboussée par un scandale qui a poussé le président de la République à prendre des décisions radicales en limogeant, ce week-end, le ministre des Transports Lazhar Hani, le PDG d’Air Algérie Bekhouche Allache et le directeur de la filiale Catering.

Officiellement, ce limogeage est lié à un contrat passé par la filiale Catering. Des fournitures achetées à l’étranger et payées en devises alors que l’Algérie fait face à une baisse de ses réserves de change. Mais certains, comme le député de l’émigration Noureddine Belmeddah, y voit un lien avec la gestion de la dernière opération de rapatriement lancée le 23 décembre par Air Algérie.

Suspension brutale de l’opération de rapatriement

La sixième phase de rapatriement, qui devait être mieux gérée que la précédente, n’est pas allée à son terme. Depuis ce dimanche, seuls les vols depuis Paris ont été maintenus dans le programme. Les autorités publiques ont décidé de suspendre une grande partie de l’opération douchant ainsi les espoirs de milliers de ressortissants algériens qui caressaient l’espoir de revenir en Algérie.

Selon plusieurs élus, l’opération de rapatriement a profité en partie à ceux qui n’en avaient pas le droit au détriment de personnes qui étaient dans des cas plus urgents et dont la rentrée au pays était plus que nécessaire.

Avec cette gestion chaotique et la suspension de l’opération sans aucune explication, c’est l’image d’Air Algérie qui a été sérieusement écorchée. Des milliers de candidats au rapatriement estiment que la compagnie les a abandonnés.

Air Algérie : une image écorchée, des rentrées d’argent en moins

En plus du problème d’image, la suspension d’une grande partie des opérations de rapatriement prive la compagnie d’une rentrée d’argent, en devises notamment, dont elle a grandement besoin après une année marquée par plusieurs mois d’inactivité.

Les pertes de la compagnie s’estiment à environ 40 milliards de dinars. Un chiffre que la compagnie aura du mal à combler avec les seuls vols domestiques qu’elle a repris le 6 décembre.

Plus grave, Air Algérie qui avait du mal à sortir de la zone de turbulences devra faire sans son PDG pendant quelques semaines, voire plusieurs mois, comme cela a été le cas par le passé.

La nomination d’un nouveau PDG risque en effet de prendre du temps d’autant que les conditions du limogeage brutal de Bekhouche Alleche va inciter les candidats sérieux au poste à la prudence.

En plus d’une marge de manœuvre étroite, le prochain PDG d’Air Algérie héritera d’une situation extrêmement difficile à gérer sur tous les plans. Il sera directement confronté aux problèmes quotidiens d’une compagnie en très grosse difficulté et en proie à une contestation des syndicats dont les négociations étaient au point mort avec l’ancien PDG.

Autant dire que le prochain PDG recevra un cadeau empoisonné et sera affaibli d’entrée face aux différents problèmes du pavillon national. Il aura à gérer plusieurs chantiers aussi compliqués les uns que les autres.

Frontières : la seule bouée de sauvetage s’éloigne.

Dans un entretien qu’il nous a accordé il y a quatre jours, le Dr Berkani Bekkat, membre de la cellule scientifique du ministère de la Santé, a déclaré que la reprise des vols réguliers à l’international était inenvisageable pour le moment. Pour le Dr Bekkat, la reprise « est un risque qu’on fera courir à l’ensemble de la population ».

Le retour des vols internationaux, qui pourraient aider la compagnie à sortir tant soit peu de sa crise financière, ne peut se faire avant le lancement de la campagne de vaccination. Or, l’Algérie a pris un sacré retard dans l’établissement des contrats d’acquisition des vaccins, selon le Dr Bekkat.

La vaccination est prévue pour ce mois de janvier, mais reste tributaire de la réception des doses de vaccin par l’Algérie. L’opération pourrait prendre du temps avant que la situation se stabilise et que les autorités puissent envisager un retour à la normale qui dépend également d’autres facteurs.

« Il faut attendre quelques mois pour voir comment les choses se passent. Avec l’avènement des vaccins, c’est une affaire de quelques mois », explique le membre de la cellule scientifique.

Il faudra attendre au moins l’été prochain pour envisager une reprise selon l’évolution de la situation. L’Algérie doit également convaincre les pays voisins, notamment ceux de l’autre rive, qu’elle est un pays sûr du point de vue sanitaire.

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