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Binationaux : le Maroc sur les traces de l’Algérie ?

Après l’Algérie, le Maroc est agité par un débat sur les binationaux : peuvent-ils occuper de hautes fonctions au sein de l’État ?

Depuis 2016, les Algériens binationaux ne peuvent pas accéder aux hautes fonctions de l’État : ministre, conseiller à la présidence, PDG de grande entreprise… Alors que l’Algérie s’apprête à supprimer, à l’occasion du référendum sur la révision constitutionnelle prévu le 1er novembre, l’article 51 de la Constitution qui a été introduit sous Bouteflika, un débat similaire agite actuellement le Maroc.

Tout est parti d’un éditorial. Ahmed Charaï est un patron de presse connu au Maroc. Influent, il est également réputé pour sa proximité avec les cercles de décision marocains. Sous le titre « La double nationalité est problématique », Ahmed Charaï s’interroge, dans l’un de ses médias (du directeur L’Observateur du Maroc et d’Afrique), sur l’opportunité de confier des fonctions stratégiques à des binationaux.

Loyauté des binationaux marocains

L’éditorialiste marocain affirme ne pas douter de la loyauté des binationaux et de leur attachement. Mais même s’il ne le dit pas directement, il le suggère clairement : « à partir d’un certain niveau de responsabilités, la double nationalité est problématique », écrit-il.

« Le passeport n’est pas une carte bancaire, c’est un signe d’appartenance à un État, à une nation. Or il se peut que les intérêts de cet État, sur le plan économique, diplomatique, ne coïncident pas avec ceux du Maroc. Il est alors légitime de se poser des questions, sans accuser personne », poursuit-il.

L’éditorialiste rappelle que des pays, sans les citer, ont déjà légiféré sur la question de confier des postes importants au sein de l’État à des binationaux. « Plusieurs pays ont réglé le problème, c’est NON », écrit-il.

« Prix Tfou 2020 »

La première réaction est venue de Samira Sitaïl, une journaliste franco-marocaine vivant au Maroc. Dans un tweet, elle décerne à son confrère Le « Prix Tfou 2020 » et dénonce un « un populisme de bas étage sur la loyauté des binationaux ».

Pour le site Yabiladi, Ahmed Charaï « a remis en cause la loyauté des binationaux », au risque de « risquant de saper 20 ans de politique publique du royaume à l’égard de millions de nos compatriotes binationaux dans le monde ».

Au Maroc, les binationaux sont, en effet, omniprésent dans les différents postes de responsabilité. Leur apport à l’économie est également important. Ils sont aussi au cœur de la politique de lobbying du royaume à l’étranger, notamment en France. Plusieurs binationaux marocains ont occupé ou occupent actuellement des postes importants dans l’hexagone. Régulièrement, ils ont mis en avant leur loyauté envers le Maroc.

Face à la polémique suscitée, L’Observateur du Maroc et d’Afrique a fini par réagir. Il a dénoncé les propos tenus par Samira Sitaïl, les qualifiant de vulgaires. Mais le média maintient sa position : « Répétons-le, il est impossible de continuer à accepter qu’un très haut responsable jouisse de la double nationalité ».

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