1. Accueil
  2. Talents Algériens
  3. DZ’Ombie, un « Walking Dead » algérien qui cartonne sur le Web
Talents Algériens

DZ’Ombie, un « Walking Dead » algérien qui cartonne sur le Web

Impossible de passer à côté de ce succès du Web. DZ’Ombie, un court-métrage Web et parodique réalisé par Mestiiche, Mourad Oudia et Arkam Slama a suscité un engouement sans précédent auprès des internautes algériens qui voient à travers ce court-métrage un chef-d’œuvre. Quelle est la recette de ce succès ?

« Contenu de haute qualité ». « C’est un chef-d’œuvre, tu peux placer DZ’Ombie au Louvres ». « Meilleur contenu cheto f ga3 l’histoire ta3 YouTube Algérien vraiment BIG UP laha9touha ».

Les éloges ne tarissent pas sur Youtube, où ce court-métrage original a été publié il y a trois jours sur la chaîne Youtube de l’artiste influenceur Mourad Oudia, suivi par 1,77 million de personnes. En 72 heures, le film a dépassé les 3 millions de vues.

Refaire naître la fiction algérienne

La réussite de ce court-métrage s’explique par plusieurs raisons. La première est la soif de fiction made in Algérie et surtout de science-fiction, un genre quasi jamais exploré par les scénaristes et réalisateurs algériens.

Contacté par visa-algerie.com, El Mestiich, le réalisateur explique le succès par un manque cruel de programmes à la télévision algérienne.

« Le film a cartonné parce que les gens avaient hâte de voir autre chose que les traditionnelles fictions du ramadan. On a rien eu en comédie depuis l’inspecteur Tahar et depuis Athmane Ariouet », estime-t-il.

L’équipe de DZ’Ombie s’est inspirée de la série à succès « Walking Dead » pour imaginer un monde apocalyptique où les humains ont disparu suite à un virus qui les a transformés en zombies, le tout à la sauce algérienne, créant une fiction 100 % algérienne qui se regarde avec facilité.

« Le scénario était l’idée de Mourad et Arkam, c’était leur bébé », explique El Mestiich. D’ailleurs, les rôles principaux sont joués par ces deux créatifs, l’influenceur Mourad Oudia et l’acteur Arkam Slama.

Les deux jeunes hommes jouent avec justesse deux héros qui doivent survivre dans ce nouvel univers hostile, où la menace d’attaques zombies plane constamment sur eux. Les deux hommes entament un voyage quasi initiatique à travers le pays pour rejoindre un camp où ont survécu des êtres humains.

Toutefois durant ce trajet, ils rencontrent un personnage particulier qui fait partie des deux mondes, zombie et humain, leur voyage prendra une tournure intéressante…

De l’écriture à la réalisation, l’équipe du film s’est attachée à concrétiser sans relâche l’ambition initiale du film. « Mon défi à moi était de faire croire à un monde apocalyptique avec peu de moyens et sans le montrer », explique le réalisateur, qui aurait tout de même souhaité un film plus exigeant et de meilleur niveau.

« Mais une chose m’a rendu réellement heureux, c’est que pour la première fois on voyait des critiques d’un film algérien et non américain ou autre nationalité. Qu’elles aient été positives ou négatives, car il y en a eu aussi sur la qualité du film, ça me rend heureux de faire réagir ». 

La société algérienne au cœur du film

Le film tourné et monté dans un temps record fonctionne car il a été produit avec passion par une équipe jeune très motivée à prendre sa place dans la création.

« C’était un réel challenge pour nous, on avait peur que ça ne fonctionne pas, on ne savait pas comment le public allait accueillir ce genre de programme », explique El Mestiich. L’équipe derrière ce projet a entre 25 et 32 ans, précise le réalisateur, ce qui explique que le court-métrage soit à l’image des Algériens.

« On savait que ce genre d’idée n’existait pas en Algérie, c’est l’expérience de Mourad et d’Arkam à travers le contenu qu’ils publient sur leur chaîne youtube qui a aidé à monter ce projet », estime El Mestiich.

La formule fonctionne puisque tous les thèmes y sont abordés : l’amitié, la solidarité, la fidélité, le courage, sa place dans la société, la survie, l’environnement, la maladie et la mort. De quoi exorciser la situation de crise que le monde entier vit avec cette pandémie qui n’en finit pas. Tout fait étrangement écho aux difficultés des Algériens mais avec une dose d’humour et d’alternance entre cynisme et espoir.

Le film utilise des ressorts comiques et fait revenir la comédie au cœur du cinéma algérien, qui a longtemps été mise de côté alors que l’humour est l’un des moyens de communication les plus utilisés par les Algériens.

« Notre rêve c’est de réussir à réaliser un film pour Netflix »

DZ’Ombie est aussi une ode à la création algérienne. Un rappel indispensable pour notre culture, qui est complètement laissée-pour-compte. Le cinéma, que ce soit des courts ou des longs métrages, ne bénéficie d’aucun soutien en Algérie.

Pas de moyens financiers, les autorisations de tournage difficiles à obtenir, le matériel très restreint, le manque de salles de projection sont autant de barrières qui empêchent le cinéma algérien de renaître de ses cendres.

« Il y a beaucoup de contraintes pour obtenir des budgets pour des productions. Alors on a décidé de créer une nouvelle méthode, en optant pour le Web, on fait du contenu gratuit et on se finance avec du placement de produit. Le financement est privé et vient des annonceurs. On a ouvert une porte et on espère que ça motivera d’autres personnes à faire la même chose, à créer encore plus de contenus », explique El Mestiich.

« Notre rêve c’est de réussir à réaliser un film pour Netflix », avoue le réalisateur. La capacité de ces jeunes réalisateurs à produire un contenu techniquement de qualité et dont le fond accorde tous les Algériens force le respect et redonne l’espoir d’une création cinématographique, voire la possibilité d’éveiller des vocations et d’autres ambitions.

En créant un film avec leurs propres moyens et en faisant le choix d’une diffusion gratuite et accessible à tous, les réalisateurs du film prouvent que la création vidéo a toute sa place en Algérie et un public qui l’attend.

Guide De Voyage Algérie
Algérie
Toutes les procédures de voyage en Algérie
Voir Plus