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Frontières, passeport vaccinal…les réponses du Pr Mehyaoui

Le Professeur Riad Mahyaoui, membre du comité scientifique de suivi du covid-19 en Algérie, nous parle de la hausse des contaminations, du passeport vaccinal et de l’ouverture des frontières.

Pr Mahyaoui, expliquez-nous ce qu’est un passeport vaccinal ou pass sanitaire ?

C’est la principale nouveauté de cette phase de déconfinement dans beaucoup de pays. Ce pass sanitaire ou passeport vaccinal, appelez-le comme vous le voulez, est indispensable pour assister à des évènements rassemblant beaucoup de personnes, comme les salles de cinéma, les salles de spectacles, un restaurant ou encore un stade de football.

Ce pass sanitaire ou passeport vaccinal, c’est la preuve que la personne est vaccinée. Le CDC d’Atlanta (USA) a précisé que lorsqu’on est dans un endroit, même s’il est clos, et si toutes les personnes sont vaccinées, le risque de contamination est moindre et ça n’oblige pas le port du masque.

En Algérie, on n’en est pas encore là. Est-ce que vous en avez parlé au conseil scientifique ?

On a effectivement parlé du “pass sanitaire” et même du QR Code qui est lisible par voie informatique. Pour vérifier l’authenticité de la vaccination, on a parlé avec le service informatique du ministère de la Santé et c’est en cours d’élaboration.

Après avoir atteint un pourcentage de population (vaccinée) adéquat, peut-être 10 millions de citoyens, on pourra éventuellement penser à instaurer (ce procédé) de QR Code  pour encourager aussi l’ouverture des espaces qui sont fermés.

Il est en préparation ?  

Effectivement, on est en pleine discussion au niveau (de la direction) de la prévention du ministère de la Santé. Je pense qu’il est en train d’être élaboré.

Combien de personnes ont été vaccinées jusqu’à aujourd’hui ?  

Il n’y a pas de chiffre exact, mais au vu de la quantité de vaccins, je pense qu’on est à deux millions de personnes vaccinées en Algérie.

Le vaccin Spoutnik n’est pas encore homologué en Europe. L’Algérie a acquis un nombre conséquent de doses du Spoutnik. Un commentaire ?

Effectivement, on sait très bien aujourd’hui qu’il n’y a que sept vaccins qui ont été autorisés par l’OMS et le dernier en date, c’est le vaccin chinois Sinovac qui a reçu l’autorisation. Quant au dossier Spoutnik, il a été déposé et une équipe de l’OMS s’est déplacée sur les lieux de sa fabrication, à l’institut Gamaleya en Russie pour vérifier. Je pense qu’il va être homologué probablement dans les jours ou les semaines qui vont suivre parce que, honnêtement, c’est un vaccin qui a atteint un degré d’efficacité assez sûr.

Comment expliquez-vous l’augmentation des contaminations au Covid-19 des ces derniers jours ?  

On se rapproche rapidement de la barre des 400 (cas en 24 h) et honnêtement ce n’est pas une grande surprise. Du fait du relâchement par rapport aux mesures barrières (port obligatoire du masque, distanciation physique).

Cela fait plus de trois semaines depuis que j’ai tiré la sonnette d’alarme et je réitère mon appel à toutes les franges de la population à se ressaisir. Car au niveau des hospitalisations ça commence à monter un peu et on est arrivé à un taux inquiétant d’occupation de lits, alors que les lits en réanimation sont pratiquement saturés.

Faisons très attention : si on veut se protéger et protéger notre système de santé, il faut rester chez soi pour se protéger et aussi il faut appliquer les mesures barrières. Il faut, je pense, reprendre conscience de la situation et être très rigoureux quant à l’application des mesures de protection.

Depuis le 1er juin, l’Algérie a ouvert partiellement ses frontières. Si la situation continue avec ces hausses des contaminations, y a-t-il un risque de fermer à nouveau ?

Écoutez, les mesures (à prendre) doivent répondre à une situation épidémiologique. Si l’on ressent un danger réel ou que la situation épidémiologique risque de s’aggraver, voire s’il y a une saturation du système de santé, la première chose à faire c’est de refermer les espaces qui sont ouverts depuis quelque temps.

Tout est dicté par les chiffres : s’ils augmentent, comme l’ont fait des pays qui ont connu des pics de contaminations, on ferme tout et on reste chez soi. Alors, ayons conscience de cela, car nous-mêmes en tant que membres du comité scientifique nous ne voudrions pas revenir au scénario de l’an passé qui nous a obligé à refermer et à revoir les horaires de confinement…

L’épidémie en Algérie a toujours agi par vagues et à chaque fois qu’il y a un pic, on se remobilise pour adopter les mesures barrières et on fait descendre le pic. On se relâche et on assiste à un autre pic. Donc, c’est la même configuration à chaque fois. Les chiffres des contaminations en Algérie représentent le tiers des chiffres dans les pays voisins. Alors, consolidons la situation tout ça par le respect strict des mesures barrières.

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