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Frontières, vols Air Algérie : Dr Bekkat Berkani nous dit tout

Si les frontières algériennes sont fermées depuis plus de 13 mois sans aucune perspective de réouverture dans les prochains jours, plusieurs pays européens se préparent, eux, à rouvrir leurs frontières à partir du mois de mai prochain.

Dans un entretien qu’il nous a accordé ce mercredi 21 avril, le Dr Mohamed Berkani Bekkat, président de l’ordre des médecins algériens et membre du comité scientifique, a répondu à nos questions concernant plusieurs sujets d’actualité ayant trait au secteur du voyage. Entretien.

Des pays comme la France et l’Espagne envisagent de déconfiner au mois de mai et de rouvrir leurs frontières. Sera-t-il possible d’organiser des vols de rapatriement depuis ces pays vers l’Algérie ?

Etant donné que la situation en Algérie est pratiquement stable, et en prenant les mesures qui s’imposent (PCR, isolement), en plus du rôle des consulats qui doivent s’assurer qu’il s’agit d’un véritable rapatriement et non pas des gens qui viennent pour des voyages d’agrément ou des visites inopinées, je pense qu’il est de nature de ne pas laisser nos ressortissants souffrir à l’étranger.

Faut-il instaurer des motifs impérieux pour gérer les vols de rapatriements d’Air Algérie ?

Instaurer des motifs impérieux est une décision qui transcende l’aspect sanitaire. C’est une décision de souveraineté nationale qui est du ressort des politiques.

Malgré les risques, je me dis que s’il y a des vols des compagnies étrangères, pourquoi pas des vols d’Air Algérie au profit de nos ressortissants qui en ont besoin ?

Qu’en est-il pour les autorisations spéciales d’entrée en Algérie ?

Actuellement, c’est bloqué. On a fermé par réflexe de précaution. En France, il y a eu une augmentation subite des nombres de cas et en particulier des cas du variant britannique. L’Algérie a pris la mesure de fermer pour éviter la propagation du virus. C’est une mesure appliquée par un tas de pays.

Il y a une réalité : nous sommes très en retard au niveau de la vaccination, ce qui rend le citoyen algérien une cible tout à fait désignée de l’infection, en particulier celle du variant britannique. Cette mesure nous a probablement préservés.

Maintenant, bien entendu on ne peut pas laisser ad vitam æternam des gens en exil, quoi qu’on se pose la question : est-ce que depuis tant de mois, il y a toujours des Algériens qui résident ici qui sont bloqués à l’étranger ?

Indépendamment de leur lieu de résidence, que ce soit pour ceux qui veulent accompagner les dépouilles de leurs proches en Algérie ou les citoyens qui veulent partir à l’étranger pour des soins par exemple, ce n’est pas facile de rester bloqué quand c’est une urgence. Qu’avez-vous à dire à ce sujet ?

Il faut un ordre de priorité. Pour les gens qui ont besoin de se faire soigner à l’étranger, il faut réfléchir à des solutions pour leur permettre de partir. Il y a des priorités à déterminer.

Pour ceux qui veulent accompagner leurs proches décédés, nous vivons une situation exceptionnelle qui nous a contraints à fermer les portes et les fenêtres. Il faut probablement rétablir, mais il faut aussi éviter les dépassements en tout genre et que ça ne profite pas aux commerçants du cabas.

Pour les Algériens bloqués à l’étranger, il faut que les consulats jouent leur rôle, il faut leur donner ce rôle. À mon sens, c’est aux consulats de gérer ce volet au regard et pas le ministère de l’Intérieur.

L’Algérie a été classée par les États-Unis dans la catégorie « inconnue » qui ont déconseillé les voyages à leurs ressortissants. Quel commentaire faites-vous à ce sujet ?

C’est une décision des États-Unis qui ont estimé que les données fournies par l’Algérie ne seraient pas fiables. C’est une décision souveraine des États-Unis qu’on ne va pas commenter. De notre côté, on sait ce que nous avons.

Probablement, le nombre de cas est sous-évalué, c’est certain dans la mesure où beaucoup de gens ont attrappé le covid sans être recensés. On a dû vivre un pic de l’épidémie durant la période d’octobre-novembre dernier, ce qui nous a permis de résister par la suite.

Un pays comme les États-Unis, qui a accaparé tous les vaccins Pfizer Moderna et AstraZeneca, doit penser à coopérer avec tous les pays notamment ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter les vaccins. Les États-Unis devraient dire à Pfizer de vendre des vaccins à l’Algérie qui peut se permettre de les acheter. Il ne s’agit pas de terrorisme pour dire, c’est déconseillé de voyager. C’est une pandémie mondiale qui concerne tous les pays. Enfin, c’est une décision qui n’est pas compréhensible vu que le trafic entre les deux pays est pratiquement nul.

Il est reproché au ministère de la Santé de ne pas fournir le nombre des tests effectués par jour…

On a toujours dit qu’il y avait un problème de communication. Le ministère de la Santé communique mal. Il communique une mercuriale journalière sans donner des détails. Les variants, chaque semaine, nous avons un chiffre. Dans ce genre de situation, il faut être clair pour que les citoyens puissent prendre leurs dispositions. Nos nationaux ne croient pas les chiffres alors…

Pour revenir à la vaccination, l’Algérie est très en retard sur ce registre en particulier. Est-ce qu’un pays peut ouvrir ses frontières sans la vaccination ?

La vaccination fait son chemin. On risque d’être pénalisés si on ne vaccine pas. Les pays riches qui sont en train de vacciner le maximum de leur population vont probablement exiger un pass sanitaire. C’est l’idée du travel pass IATA par exemple. Or, il y a des pays qui n’ont pas encore vacciné, d’autres qui ne vaccineront jamais. C’est risqué de rouvrir sans vacciner. La preuve : nous avons fermé pour éviter ce risque justement.

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