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L’immobilier impacté par le manque de vols Air Algérie

Calme plat dans les agences immobilières algériennes. Le téléphone est muet et les visites quasi-inexistantes. Pandémie du Covid-19, crise économique et fermeture des frontières ont privé le marché de la clientèle émigrée et des coopérants étrangers qui louent des appartements au prix fort.

Réda est agent immobilier chez Grand Espace, rue Didouche Mourad dans le centre d’Alger. Il décrit la situation chaotique dans laquelle se trouve le secteur.

« L’immobilier est complètement à l’arrêt aussi bien pour la vente que pour la location. La dévaluation du dinar, la crise économique et l’érosion du pouvoir d’achat sont à l’origine de ce marasme sans précédent. Les gens n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Beaucoup ont perdu leur emploi », explique-t-il.

En plus des effets de la crise économique et de la détérioration du pouvoir d’achat des Algériens, Réda pointe un autre facteur : le manque de vols internationaux de la compagnie Air Algérie qui empêche les émigrés algériens de venir facilement au pays.

Autorisée à reprendre au compte-goutte les vols avec l’étranger depuis le 1er juin dernier, la compagnie aérienne nationale peine à satisfaire la demande émanant notamment de la diaspora algérienne en France.

« Avec la fermeture des frontières depuis deux ans pour cause de pandémie, nous avons perdu une clientèle à fort pouvoir d’achat : les émigrés. De nombreux algériens vivant à l’étranger investissaient dans les appartements de style haussmannien de la Rue Didouche Mourad pour leur cachet historique. Ces immeubles anciens sont toujours cotés car ils ont une valeur historique. Par exemple, un F5 coûte environ 34 millions de dinars », explique notre interlocuteur.

Les locations d’appartements gelées

Il n’y a pas que le marché de la vente et de l’achat qui est gelé. Celui de la location connaît le même problème. « Les locaux commerciaux de la rue Ben M’hidi qui s’arrachaient à 400.000 da ne trouvent plus preneur à 250 000 dinars aujourd’hui. Il y a également toutes ces franchises françaises qui ferment les unes après les autres. La crise économique a tout broyé sur son passage », souligne Reda.

À l’agence immobilière Debussy (Alger) les transactions sont également à l’arrêt. « Les gens n’ont plus d’argent. La crise économique est passée par là. Je suis presque au chômage », nous confie M. Rahmouni, directeur de cette agence.  « Il faut souvent plusieurs semaines avant de conclure une seule affaire », regrette-t-il.

Nouredine Menaceri, président de la FNAI (Fédération nationale des agences immobilières) affirme que de « nombreuses agences immobilières ont mis la clef sous la porte ».

« Le covid 19, doublé à la crise économique, a complètement sinistré cette profession. En dépit du recul des prix, les transactions immobilières sont rares. Si on prend l’exemple de la ville de Constantine, la baisse enregistrée est de 25 à 30 %, ce qui correspond parfois à une ristourne de 6 millions de dinars », affirme-t-il.

« À Alger, les prix des biens immobiliers ont reculé de 10 à 20 %. À titre d’exemple, un studio qui était vendu à 15 millions de dinars à la rue Didouche Mourad, principale artère de la capitale, ne coûte plus que 12 millions. Un produit pareil ne trouve pas facilement preneur », ajoute-t-il.

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