Près de 7.000 médecins algériens exerçaient en France au début de l’année 2025. Chaque année, ce chiffre augmente, ce qui constitue une véritable saignée pour le secteur médical en Algérie.
Formés en Algérie, ces médecins constituent désormais un pilier pour les hôpitaux publics en France, vu qu’ils composent près de 40 % des praticiens étrangers dans l’Hexagone selon les derniers chiffres de l’Ordre des médecins.
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Alors qu’il renforce les hôpitaux en France, cet exode de médecins algériens laisse plusieurs établissements de santé en Algérie sans personnels.
Pour le professeur Redha Souilamas, chirurgien algérien, l’on assiste là à un véritable « pillage humain » qui prive les patients en Algérie de leur droit fondamental à la santé.
Recrutement massif des médecins algériens par la France : « Un scandale »
Lors d’un entretien accordé à la chaîne One TV, le professeur estime que le recrutement massif des médecins algériens par la France constitue un phénomène « inquiétant et incompréhensible et surtout anti-humanité ».
Le professeur explique que le fait de prendre des milliers de médecins formés par un pays, met les patients du pays formateur face à une insuffisance de main d’œuvre médicale. Il n’hésite donc pas à qualifier cette situation de « pillage » et de « scandale ».
Le spécialiste dévoile que le nombre de médecins formés en Algérie repose sur des « calculs » liés à l’évolution de la population ainsi qu’aux risques épidémiologiques et pathologiques dans le pays. Le recrutement massif des médecins algériens par la France brouille cependant ces calculs.
« Les médecins recrutés en Algérie par la France est un scandale car les droits de l’Homme qui stipulent que tout être humain a le droit à la santé ne sont pas respectés par le pays recruteur », indique le professeur.
Le même intervenant estime qu’il s’agit là d’une « histoire de colonie », expliquant que la France, jadis, « pillait le blé (de l’Algérie) et là, elle pille ses jeunes ».
Il est à noter que les médecins algériens formés en Algérie qui vont travailler en France exercent en majorité en tant que Praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE), ce qui les expose à plusieurs difficultés professionnelles, administratives et financières.
