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Ouverture des frontières : l’Algérie face à un dilemme

Le dernier allègement des mesures sanitaires en Algérie, annoncé cette semaine, permet à des catégories supplémentaires de commerçants de respirer et aux citoyens de se rapprocher davantage d’un retour à une vie tout à fait normale.

Car ce n’est pas encore le cas. On ne peut parler d’un retour à la normale tant que les frontières de l’Algérie demeurent fermées et les différentes liaisons aériennes et maritimes avec l’étranger suspendues.

Bien qu’extrême, personne n’a contesté le bien-fondé d’une telle mesure, instituée depuis maintenant onze mois – la mesure a été mise en place le 17 mars 2020 – et perçue par l’ensemble de la société comme une sorte de mal nécessaire.

L’Algérie, un des pays les moins touchés par l’épidémie

Il appartient certes aux spécialistes d’évaluer l’impact de chacune des mesures prises par les autorités, mais il est certain que la fermeture quasi-totale des frontières est pour quelque chose dans le ralentissement de la propagation de la pandémie, faisant de l’Algérie l’un des pays les moins touchés par rapport à la taille de sa population et à sa proximité avec les grands clusters européens.

On se souvient qu’au tout début de l’épidémie, fin février-début mars 2020, des reproches avaient été émis à l’adresse des autorités qui avaient tergiversé avant de prendre la décision de fermer complètement les frontières terrestres, aériennes et maritimes.

S’agissant d’une décision lourde, le gouvernement y était allé par étapes, suspendant d’abord les liaisons avec la Chine, berceau du virus, l’Italie, principal foyer de la pandémie pendant cette période, puis la France avant de fermer toutes les frontières le 17 mars à l’issue d’un Conseil des ministres.

Depuis, les seuls appels à leur réouverture ont émané des ressortissants algériens bloqués à l’étranger et qui n’ont pas pu rentrer dans le cadre des différentes opérations de rapatriement. Très peu de voix remettent en cause la fermeture des frontières mais beaucoup se demandent jusqu’à quand elles demeureront ainsi.

Sans doute jusqu’à la fin de la pandémie, du moins lorsque tout risque sera écarté pour l’Algérie. La décision ne dépend pas seulement de l’évolution de la situation dans le pays, qui est en ce moment maitrisée avec environ 200 nouveaux cas quotidiens. Le critère central est ce qui se passe dans les pays avec lesquels les liaisons seront reprises. Et en ce moment précis, on parle de nouveaux variants plus contagieux et plus dangereux.

Une décision lourde de conséquences

Rouvrir les frontières dans cette conjoncture c’est prendre le risque d’annihiler les efforts de toute une année et de se retrouver dans une situation incontrôlable.

Tous les spécialistes qui ont l’habitude de s’exprimer dans les médias sur la crise sanitaire préconisent la précaution et appellent à éviter la précipitation. Les politiques interrogés répondent que la décision est du ressort des plus hautes autorités du pays, donc du président de la République.

À juste titre car, quelle que soit la décision prise, elle sera lourde de conséquences. Maintenir les frontières fermées c’est prolonger l’autarcie du pays et le calvaire de milliers d’Algériens encore bloqués à l’étranger, les rouvrir c’est faire encourir un risque énorme à la population.

C’est le dilemme auquel font face actuellement les autorités sanitaires et politiques et il aurait pu ne pas se poser si la vaccination de masse avait réellement démarré.

Ouvrir la frontière sans vacciner : un risque élevé

Car même dans le cas où le vaccin permettrait de vaincre définitivement la pandémie, ce qui semble du reste en train de se concrétiser dans les pays avancés en matière de vaccination, on ne peut pas laisser entrer en contact une population non immunisée avec des sujets à risque.

Pour l’Algérie, ouvrir les frontières sans vaccination est synonyme de retour à la case départ au bout de quelques semaines. Or, ce qui se fait depuis le 30 janvier ne peut être considéré comme une vaccination de masse, de l’avis des spécialistes et même des responsables.

Les doses acquises jusque-là ne permettent pas de vacciner le dixième d’une seule des franges ciblées en priorité, le corps médical. Les dernières déclarations en date sur la question sont rassurantes. On parle de quantités importantes des différents vaccins qui seront réceptionnés avant la fin du mois.

Le pays n’a, en tout cas, d’autre choix que de relever le défi de la vaccination pour mettre fin à cette autarcie qui n’a que trop duré.

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