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Québec : des Algériennes en première ligne dans le débat sur le voile à l’école

Le débat sur le voile islamique à l’école s’invite au Québec, mais de manière plus apaisée qu’en France. Un procès se déroule actuellement et il devrait durer six semaines.

Le débat sur le voile islamique à l’école s’invite au Québec. Le procès de la loi interdisant le port des signes religieux aux enseignants du primaire et du secondaire au Québec s’est ouvert il y a deux jours.

Les opposants à cette loi, adoptée en juin 2019, estiment qu’elle discrimine les minorités religieuses, particulièrement les femmes ‎musulmanes qui portent le voile.‎ Ils demandent son invalidation pure et simple, dans sa totalité ou du moins les articles jugés discriminatoires.

Le procès devrait tenir les observateurs en haleine pendant les six prochaines semaines, bien qu’un peu éclipsé par la pandémie et l’élection américaine.

Bien que le Québec se soit sécularisé et libéré de l’emprise de l’église catholique pendant les années 1960, c’est la première fois que la laïcité est inscrite dans une loi.

Le témoignage de Bouchra Shelbi, d’origine algérienne

Les débats qui ont duré près d’une décennie avant qu’elle soit adoptée, ont vite été polarisés autour du port du hidjab par les enseignantes malgré l’interdiction des signes religieux dans une multitude de fonctions (juges, policiers, procureurs et gardiens de prison, entre autres).

Bouchra Shelbi, enseignante d’origine algérienne, a été appelée à témoigner hier devant la Cour supérieure du Québec sur le port du hidjab en classe. Enseignante d’anglais au secondaire, elle porte encore son voile en classe car la loi permet aux enseignantes recrutées avant l’adoption de la nouvelle loi de conserver leur poste.

« Je ne vis pas de conflit entre ma foi et la façon dont je dispose de mon enseignement. Je n’ai pas de parti pris envers les élèves. Il est important que tout le monde soit traité de façon égale », a-t-elle expliqué au juge.

Le témoignage d’une mère d’élève d’origine algérienne

Quand le juge lui a présenté le témoignage d’une mère d’élève, algérienne elle aussi, qui affirme que l’enseignante voilée de sa fille mettait la pression sur cette dernière pour qu’elle porte le voile, elle a répondu : « On ne peut pas imposer le foulard. C’est aux parents de former leurs enfants selon leurs propres croyances ».

Cette enseignante n’est pas la seule algérienne à prendre part au débat sur le port des signes religieux.

Dans le débat sur la laïcité au Québec, que ce soit dans les médias ou en commission parlementaire, les observateurs avaient l’impression de vivre, par procuration, la suite de la guerre idéologique entre islamistes et ce qu’on appelait les éradicateurs pendant la décennie noire en Algérie.

Beaucoup de personnes appartenant aux deux camps se sont réfugiées au Canada et principalement au Québec. On a vu défiler quelques-uns, en commission parlementaire, dont l’essayiste Djemila Benhabib, auteure de « Ma vie à contre-Coran » et bête noire des islamistes et pourfendeuse de la gauche, et ce même si elle a déménagé en Europe.

Des Algériens en faveur de la loi

Lors de cette commission, d’autres algériens avaient témoigné en faveur de cette loi qui protégerait le Québec contre le péril islamiste, empruntant le discours entendu habituellement en France.

Bien que le modèle québécois reste nord-américain, l’influence de la conception française de la laïcité se fait de plus en plus sentir.

Est-ce que le Québec en a fini avec ce débat ? Pas sûr si l’on croit la militante québécoise pour la laïcité, Louise Mailloux qui a dit, en commission : « un éléphant, ça se mange par tranches….Si c’est possible d’agrandir un peu le steak, ce serait bien ».

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