1. Accueil
  2. Actualités
  3. Québec : la réforme de l’immigration critiquée, les étudiants étrangers en colère
Actualités

Québec : la réforme de l’immigration critiquée, les étudiants étrangers en colère

La réforme Programme de l’expérience québécoise (PEQ) introduit une modification des conditions d’obtention du Certificat de sélection du Québec (CSQ) pour les étudiants étrangers installés dans la province canadienne.

200 étudiants étrangers ont participé ce samedi à un rassemblement au centre-ville de Montréal (Canada) pour protester contre la réforme de l’immigration proposée par le gouvernement de Québec, rapporte le média TVA Nouvelles.

La réforme Programme de l’expérience québécoise (PEQ) introduit une modification des conditions d’obtention du Certificat de sélection du Québec (CSQ) pour les étudiants étrangers installés dans la province canadienne.

Alors que jusque ici ils pouvaient obtenir ce papier, essentiel pour la résidence permanente, immédiatement après la fin de leurs études, il leur faudra désormais travailler au moins douze mois, voire plus, pour obtenir le CSQ.

« Il faut savoir qu’une fois qu’on a le CSQ, ça prend encore deux ans avant d’avoir la résidence permanente. Pendant qu’on attend la résidence, dans certaines autres provinces, on pourrait déjà avoir la citoyenneté », explique Fanny Lemaire, porte-parole du collectif « Le Québec, c’est nous aussi », à l’origine du rassemblement ce samedi.

Le gouvernement québécois, notamment le ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette, avait tenté de réformer le PEQ l’an dernier, avant de faire machine arrière en novembre. Le gouvernement est cependant revenu à la charge avec la réforme en apportant quelques modifications au plan initial.

Moins d’étudiants étrangers

Pour Mme Lemaire, les étudiants étrangers ne seront pas les seuls pénalisés par la réforme. Les Québécois pourraient aussi en payer le prix, estime-t-elle. « Il y aura fort possiblement moins d’étudiants étrangers au Québec. En région, il y a certaines écoles, certains programmes qui vivent à cause des étudiants étrangers. Faute de moyens, ils pourraient ne plus être offerts et ce seraient les Québécois qui seraient désavantagés », a souligné la porte-parole du collectif.

« Si l’objectif, c’est de réduire encore les seuils d’immigration, alors qu’on le dise. Là, c’est passer par la porte d’en arrière en rendant le processus plus compliqué et c’est assez odieux », a dénoncé quant à lui Stéphane Handfield, avocat spécialisé en immigration.

« Historiquement, au Québec et de par le monde, après chaque récession, le débat sur la pertinence de l’immigration revient. On veut laisser de l’emploi aux citoyens actuels. Cette rhétorique a prouvé son échec et sa fausseté à de nombreuses reprises. Les immigrants ne « volent » pas les jobs, ils contribuent, en fait, à créer de l’emploi et de la richesse collective », a souligné Pierre-Olivier Bertrand, un pharmacien-propriétaire Administrateur au Centre Multiethnique de Québec, dans une tribune publiée sur le Soleil.

« Il faut éviter que la pandémie induise des blessures sur notre tissu social québécois d’ouverture et d’accueil. Ne laissons pas nos inquiétudes infondées prendre le pas sur notre humanité et notre raison en laissant place à la résurgence d’un discours xénophobe », plaide M. Bertrand. « Il faut réaliser que l’arrivée d’un immigrant et de sa petite famille constitue une richesse socio-économique inestimable pour des années à venir », conclut-il.


Samira Chibani

Guide De Voyage Algérie
Algérie
Toutes les procédures de voyage en Algérie
Voir Plus