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Régularisation des sans-papiers : le débat arrive en France

L’Italie est sur le point de le faire, pourquoi pas la France ? Un député français a proposé une régularisation massive des sans-papiers.

Le 15 mai, au cours du débat sur les mesures urgentes liées à la crise sanitaire que le Parlement a votées depuis, M’Jid el-Guerrab a proposé un amendement visant à la régularisation de 300 000 sans-papiers.

Le député propose la régularisation provisoire et renouvelable des sans-papiers installés en France, titulaires d’une promesse d’embauche ou d’un contrat de travail dans l’agriculture, un secteur économique déclaré en pénurie de main-d’œuvre.

La proposition, indique l’élu, fait suite aux interventions médiatiques de Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, qui a appelé les Français, dans un premier temps, à venir aider les agriculteurs.

Puis le 13 mai sur RTL, il a précisé sa pensée : « Nous avons besoin de travailleurs étrangers. Il y a des métiers où il faut de la formation. Nous avons besoin de cette main-d’œuvre parce qu’elle vient chaque année”, a-t-il plaidé en ajoutant : Cette main d’oeuvre “est formée”. “Pour tailler dans les vignes, il faut être formé. Maintenant, on a besoin de 80 000 ou 100 000 travailleurs saisonniers par mois. », a-t-il précisé.

De même la présidente de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles), avait appelé plus tôt à soutenir la filière. Les agriculteurs « ont besoin de bras pour continuer la récolte des fruits et des légumes en France ». « Les producteurs ont besoin de vendre leurs produits maintenant et c’est, pour certains, une saison très courte. »

En dépit des besoins, l’amendement a été rejeté par le rapporteur du projet de loi.

Presque simultanément, le gouvernement italien annonçait son accord pour accorder un permis de séjour temporaire aux travailleurs clandestins récoltant fruits et légumes dans les champs ou aidant chez eux les plus fragiles. Ils devraient être régularisés non seulement pour « garantir la protection sanitaire individuelle et collective » en ces temps de crise épidémique mais aussi pour faire « émerger les rapports de travail irréguliers ». Entre 100 000 et 300 000 personnes pourraient être concernées par cette mesure, selon une estimation des autorités.

Cette initiative d’Italia Viva, parti de centre-gauche de l’ancien premier ministre Matteo Renzi, s’intègre dans un vaste décret-loi économique présenté par le président du Conseil, Giuseppe Conte, pour répondre à la crise provoquée par le coronavirus. Le texte sera soumis au vote du parlement. L’opposition de droite menée par Matteo Salvini a accusé la ministre de l’Agriculture de «ne pas penser aux Italiens ».

Dès le 1er juin et jusqu’au 15 juillet, un employeur pourra demander contre paiement de 400 euros la régularisation pour six mois d’un travailleur non déclaré. Dans le même temps, un clandestin pourra réclamer sa régularisation temporaire en déboursant 160 euros.

Mais il devra répondre à plusieurs conditions : avoir travaillé avant l’échéance de son permis de séjour au plus tard le 31 octobre dernier et avoir résidé en Italie encore au 8 mars, soit deux jours avant le début du confinement général dans le pays. Les secteurs concernés sont toutefois limités à l’agriculture, à l’élevage, à la pêche, à l’aide à la personne et au travail domestique.


Par : S. L.

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