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Réouverture des frontières algérienne : un mal nécessaire ?

L’Algérie a décidé de rouvrir partiellement ses frontières après plus de 14 mois de fermeture. La réouverture se fera de manière graduelle à partir du 1er juin prochain, à raison dans un premier temps de cinq vols quotidiens à partir des aéroports des grandes villes du pays, Alger, Oran et Constantine. La décision a été entérinée ce dimanche 16 mai par le Conseil des ministres.

Depuis le 1er mars dernier, même les vols de rapatriement de la compagnie Air Algérie sont suspendus. De cette fermeture des frontières et suspension des vols, il s’en est résulté des milliers d’Algériens bloqués tant à l’étranger qu’en Algérie même, pour les conjoints d’étrangers, les malades, les étudiants…

Le dossier n’a pas été facile à gérer pour le gouvernement et il n’a pas été sans s’accompagner de précipitations et d’erreurs, même si, faut-il le reconnaitre, un effort certain a été fait jusqu’au début de l’année en cours, permettant de rapatrier quelque 40 000 Algériens pris de court à l’étranger dans des conditions parfois désastreuses.

Une gestion des autorités critiquée

Les accusations de passe-droits, notamment dans l’octroi de l’autorisation d’entrée au de sortie par le ministère de l’Intérieur ont fusé de partout.

Les critiques ont redoublé depuis la suspension des vols rapatriement de la compagnie Air Algérie il y a plus de deux mois, alors que les compagnies étrangères, au nombre de six, ont continué à desservir l’aéroport d’Alger, emmenant et ramenant des contingents de travailleurs étrangers et parfois d’Algériens.

Beaucoup avaient d’ailleurs pointé du doigt cette « dérogation » lorsque des variants très dangereux du Covid, notamment l’indien, ont été découverts ont Algérie. Le summum du tapage médiatique avait été atteint en mars lorsque 25 Algériens résidents à Londres ont été bloqués dans un aéroport parisien pendant de nombreuses semaines. Malgré la forte pression, les autorités algériennes se sont montrées intransigeantes.

Cette fermeté, pas uniquement dans ce dossier, mais dans toute la gestion de la mobilité de et vers le territoire national depuis le début de la crise sanitaire, était-elle nécessaire ?

Plus à gagner qu’à perdre

D’aucuns diront que sans cette mesure de fermeture des frontières, la situation sanitaire ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. L’Algérie est en effet l’un des rares États de sa taille à ne pas connaitre une situation compliquée.

Au plus fort de la vague de l’automne dernier, le nombre de nouveaux cas quotidiens avait à peine dépassé le millier. Il se situe aujourd’hui à un peu plus d’une centaine de cas.

Depuis le début de la crise, le pays a enregistré 125 000 contaminations, soit moins de la moitié du bilan quotidien d’un pays comme l’Inde. Un peu plus de 3 350 Algériens ont en outre perdu la vie et on est là encore très loin des bilans catastrophiques des pays d’Europe et des Amériques et dans une situation nettement meilleure que celle des États du Maghreb.

De nombreux facteurs ont sans doute contribué à stabiliser la situation, dont peut-être cette immunité collective sur laquelle on a beaucoup spéculé récemment, mais on ne peut pas dire que la fermeture des frontières n’y est pas pour quelque chose. C’est l’avis en tout cas tant des spécialistes que des responsables politiques.

Pourquoi donc abandonner une « recette » qui a fait ses preuves ? L’interrogation est d’autant plus pertinente que cela intervient au moment où les succès du pays dans la lutte contre la propagation du virus contrastent avec ses échecs dans la vaccination. Là, c’est le grand ratage et même les officiels n’ont que les promesses d’une cadence plus soutenue à opposer aux interpellations.

Ouverture des frontières : un choix risqué, mais…

Le risque d’entrée de sujets malades sur le territoire national et même d’une recrudescence de la pandémie n’est pas inexistant, mais le fait est que le pays ne peut pas se permettre de vivre plus longuement en « autarcie ». Et pas qu’en raison des cas des citoyens bloqués de part et d’autre.

L’Algérie a beaucoup perdu pendant cette crise sanitaire et l’économie supporterait mal une suspension prolongée des liaisons internationales. En un mot comme en mille, l’activité normale et les échanges doivent reprendre au risque de mettre le pays dans une situation encore plus inextricable.

La réouverture est en quelque sorte un mal nécessaire. En tout cas, l’Algérie y gagnera plus qu’elle ne perdra. Cela est d’autant plus vrai que des solutions sont à portée de main pour minimiser les risques avec cette panoplie de procédures qu’il ne sera pas difficile de mettre en place : tests au départ et à l’arrivée, mise en quarantaine des voyageurs et pourquoi pas exigence de présentation d’une preuve de vaccination.

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