Sans-papiers en France : les centres de rétention critiqués

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La contrôleure générale des lieux de privation de liberté en France (CGLPL) a dénoncé dans un rapport publié ce mercredi 3 juin les conditions de vie dans les centres de rétention administrative (CRA) dans le pays, affirmant qu’elles s’apparentent de plus en plus à un système carcéral, rapporte le site InfoMigrants.

 

« L’organisation interne et la sécurisation périmétrique des centres [donnent] l’impression d’un milieu carcéral », dénonce le rapport d’Adeline Hazan portant sur l’année 2019, se basant sur des visites effectuées dans les centres d’Oissel, de Palaiseau, de Paris-Vincennes et de Perpignan ainsi que dans la zone d’attente de Nouméa (Nouvelle-Calédonie).

 

Ces CRA abritent les migrants sans-papiers qui se sont vus refuser le droit d’asile et qui attendent leur expulsion de France.

 

« Le menottage devient systématique pour tous les déplacements. La pratique des isolements disciplinaires, autorisée par aucun texte, n’est pas rare alors même que toute restriction de liberté au sein du lieu devrait être prévue par la loi », signale la contrôleure, mettant la lumière sur une « absence de sensibilisation (…) à la question des droits fondamentaux » et un « décalage complet avec la fonction » initiale de ces lieux.

 

Mme Hazan a également mis exergue dans son rapport des conditions matérielles largement insuffisantes, avec des « locaux trop exigus », un « chauffage défaillant », une « hygiène déplorable » ou encore une « alimentation de piètre qualité ».

 

Ces conditions créent des « nuits sans sommeil, troublées par la peur ou les bruits, les visiteurs attendent dans des conditions indignes et rencontrent leurs proches sans aucune intimité », dénonce le rapport, qui fustige par ailleurs le doublement de la durée maximale de rétention, passée le 1er janvier 2019 de 45 à 90 jours.

 

Dans ce contexte, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté en France a alerté de l’existence de « suicides ou tentatives de suicide (qui) semblent plus fréquents » à cause des conditions largement insuffisantes, précise la même source.

 


 

Par : S.C.

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