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Tourisme : l’Algérie vue par un expatrié français

Laurent Stefanini est le fondateur de Fibraccess, une société spécialisée dans la fibre optique. Il a été le Directeur Général de Bull Algérie, d’Alcatel-Lucent Algérie, avant de créer son entreprise dans le cadre de la LFC 51/49. Il vient de fêter ses 13 ans passés en Algérie et témoigne sur sa vision du tourisme en Algérie.

« Annoncez que vous partez en Algérie et voilà une tempête de mises en garde qui se lève. Mais le plus souvent, fort heureusement, la nouvelle suscite des torrents d’enthousiasme.

Algériens de France, Français d’origine algérienne, étrangers n’ayant aucun lien avec l’Algérie, chaque fois que je dis vivre en Algérie, les réactions sont toujours vives,  passionnelles. Tous évoquent un pays à nul autre pareil, grandiose et mythique, qui a tant fait rêver aventuriers, peintres, écrivains ou érudits, d’Isabelle Eberhradt à Albert Camus en passant par Eugène Delacroix, Etienne Dinet ou Théodore Monot.

Laurent Stéfanini (Crédit : DR)


Lorsque je suis arrivé en Algérie en 2005, j’ai bien sûr d’abord été conquis par Alger. C’était un privilège rare pour un étranger d’y habiter : la ville me semblait démesurée, des noms connus défilaient sous mes yeux en permanence : La Casbah, la Place de l’Émir Abd el-Kader, celle des Martyrs, La Grand Poste. Je me souviens que je me répétais intérieurement comme un privilège « Je suis à Bab el-Oued ! ». Je continue aujourd’hui à penser que c’est une chance de pouvoir vivre à Alger, et c’est avec beaucoup de plaisir que je vois aujourd’hui Alger parmi une liste des 10 destinations « à visiter ».

Les locaux de la Société que je dirigeais lors de mon arrivée à Alger étaient situés en centre-ville, Rue de Nîmes, parallèle à la célèbre avenue Didouche Mourad.

Mon quotidien durant ces quelques années où j’ai eu la chance de travailler en centre-ville dans un décor à mi-chemin entre Europe et Maghreb, était fait d’avenues encombrées, de voitures et de piétons qui se hâtent. Beaucoup de jeunes, de femmes, d’ouvriers matinaux, d’hommes d’affaires et autres vendeurs.  Une Capitale comme toutes les autres, un premier jour de semaine.

Parfois au pied de la Grande Poste d’influence Mauresque, mes pas me menaient vers le magnifique Théâtre National d’Alger.  Des immeubles haussmanniens aux Palais Ottomans jusqu’à la signature des figures emblématiques des années 1950 comme Le Corbusier ou Niemeyer, de ces legs successifs est constituée l’Alger d’aujourd’hui : une ville unique, composite qui offre une page d’histoire à chaque quartier.

Il est des lieux, à Alger comme ailleurs que l’on nous dira de visiter sous peine de manquer l’essentiel : la vue imprenable sur la baie d’Alger depuis le Bois des Arcades, Notre-Dame d’Afrique, l’incontournable Bastion 23, ancien Palais des Rais construit au XVIIsiècle ou le Jardin d’Essais, les centres d’intérêts ne manquent pas.

Resplendissante et éclatante de blancheur, Alger surprend.

Le long de la côte, les Ports de la Madrague et Sidi-Fredj, chargés d’histoire, sont des lieux incontournables à visiter. À 70 kms à l’Ouest de la capitale, le site romain de Tipaza établi au 1er siècle après JC s’étend dans un cadre extraordinaire au pied du Mont Chenoua sous les pins, les eucalyptus et les yuccas en fleurs. La mer d’un bleu intense, vient s’échouer au pied de ces vestiges « habités par les Dieux », selon Camus.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire, quel pays possède la beauté des paysages du grand Alger, de l’Oranie, des Aurès,  du Constantinois, de la Kabylie et sur la route des ksour qui mène vers le Grand Sud ?

J’ai aujourd’hui le sentiment que le tourisme en Algérie est un secteur stratégique qui redevient central.

La volonté politique est réelle pour le développement des infrastructures touristiques. L’État investit sur les infrastructures urbaines (transport, hôtels, auberges et cités aménagées) et encourage l’investissement privé dans le secteur afin de mettre en valeur les atouts de l’Algérie.

Mais outre la volonté politique, la volonté civile est aussi importante pour le développement du tourisme.

Comme je viens trop rapidement de le faire pour la région d’Alger, chaque citoyen doit devenir un ambassadeur de sa ville car personne ne peut mieux promouvoir une région que ses propres résidents qui en connaissent les plus beaux recoins, et tous les attraits.

Comment par exemple aimer à ce point Taghit et vouloir y retourner à chaque occasion possible si lors de nos visites précédentes, notre extraordinaire guide Tayeb Mebarki, ne nous l’avait pas fait découvrir avec tout son cœur et la volonté de nous faire partager l’amour qu’il porte à sa région ?

Laurent Stéfanini (Crédit : DR)


Ainsi, l’hospitalité algérienne est un atout à promouvoir car je peux témoigner à quel point j’ai toujours été très bien accueilli dans chaque région que j’ai visité, chaque famille dans laquelle j’ai été reçu, le temps d’un café, d’un déjeuner ou d’un dîner. La professionnalisation de cette culture d’accueil est d’ailleurs en route avec plus d’une dizaine d’écoles de tourismes qui existent actuellement en Algérie.

Le Marketing territorial de l’Algérie doit être accentué pour développer l’attrait des villes et mettre en valeur chaque région dans la volonté d’attirer des touristes, des résidents, des investisseurs. Il est aussi nécessaire d’accompagner cette campagne de communication en incitant son entourage à visiter sa ville : les visiteurs de parents et amis figurent en effet parmi les plus importantes formes de séjour qui existent et sont aussi l’une des plus anciennes et des plus marquantes socialement.

Ainsi, l’industrie touristique sera certainement l’un des meilleurs créneaux dans les années à venir et la locomotive pour accroître la richesse et l’attractivité du pays. Avec un peu d’optimisme, d’ici quelques années, l’Algérie pourrait bien être parmi les meilleures destinations touristiques mondiales. »

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