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Un Algérien arrêté pour le meurtre de sa femme au Canada

C’est un drame qui a secoué le Québec. Un ressortissant algérien vivant au Canada a été arrêté cette semaine, inculpé et écroué, pour le meurtre de sa femme.

Nathalie Piché, une femme de 55 ans, a été tuée dans la nuit de lundi à mardi à Québec, par son époux, Noureddine Mimouni, un ressortissant algérien âgé de 33 ans.

L’homme, arrivé d’Algérie en septembre 2020, avait déjà été arrêté et incarcéré en décembre dernier pour menaces envers sa conjointe. Il a finalement été remis en liberté en échange d’un engagement de ne pas s’approcher du domicile et du lieu de travail de la plaignante ni d’entrer en contact avec elle.

Traces de violences

Intervenant suite à un appel téléphonique concernant une dispute conjugale, la police québécoise a trouvé Nathalie Piché inconsciente et montrant des traces de violence dans un appartement du quartier Limoilou tôt mardi matin, rapporte ce mercredi le média canadien CBC. Elle a été déclarée morte peu de temps après.

Quelques heures plus tard, le dénommé Noureddine Mimouni s’est rendu et a été accusé de meurtre au deuxième degré. Fait notable, l’accusé avait déjà été arrêté le 30 décembre dernier suite à des accusations de menaces de mort, de séquestration et d’agression envers la victime.

Il a cependant été acquitté de toutes les poursuites le 18 février, tout en recevant l’ordre de signer un engagement de ne pas troubler l’ordre public pendant un an, acceptant de ne pas contacter Nathali Piché ni de se rendre à proximité de son lieu de travail ou de son domicile.

Engagement à ne pas troubler l’ordre public

Appelé en anglais « peace bond » ou « 810 », un engagement de ne pas troubler l’ordre public est parfois utilisé dans des situations de violence domestique lorsqu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour poursuivre en justice, souvent parce que la victime refuse de témoigner contre le suspect.

Dans ces circonstances, l’auteur présumé ne plaide pas coupable à une accusation mais doit tout de même admettre, devant le tribunal, que la victime a des motifs raisonnables d’avoir peur. L’auteur de l’infraction doit également accepter certaines conditions déterminées par le procureur.

« Pour nous, cela soulève beaucoup de questions », a affirmé Louise Riendeau, porte-parole du collectif Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. « Il y a eu de graves accusations dans ce cas, et tout cela a été abandonné au profit d’un engagement de ne pas troubler l’ordre public », a dénoncé Mme Riendeau.

« Peut-être que dans certains cas nous devrions demander à la police de faire une enquête plus approfondie », a préconisé Louise Riendeau. « Ou prendre le temps d’expliquer aux victimes les limites de mesures comme le 810 et voir si nous pouvons les inciter à collaborer avec le système judiciaire », soutient-elle en outre.

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