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Vols Air Algérie : « Il ne doit y avoir aucune dérogation »

Le Professeur Noureddine Zidouni, chef de service pneumologie au CHU Béni Messous, estime que les personnes vaccinées doivent être exemptées de la quarantaine. En revanche, il se montre intraitable sur la réalisation d’une seconde PCR à l’arrivée.  Entretien.

Le gouvernement a dévoilé les modalités de réouverture des frontières pour le retour des Algériens bloqués depuis plus d’une année. Les mesures sont critiquées. Qu’en pensez-vous ?

Actuellement chaque pays envisage la façon la plus pertinente de protéger la population et de diminuer la transmission virale. Le communiqué du Premier ministère n’a donc rien d’offensant, c’est une étape.

On critique le fait d’avoir une PCR et de rester en confinement. Il y a des pays qui ont instauré un confinement pour toutes les arrivées aux frais des arrivants et ce pendant dix jours. L’Algérie a décidé de couper la poire en deux avec cinq jours.

Mais un test PCR négatif n’est-il pas suffisant ?

Le fait qu’il y ait une PCR négative ne veut pas dire que le sujet n’est pas contaminé, quand bien même la PCR soit de bon standard. Aucun test n’est sensible à 100 %. Le débat sur une PCR de moins de 36 h ou 72 h peut continuer…parce qu’à 36 h la personne peut être négative mais elle peut être au début de la charge virale.

Une PCR de moins de 36 h est un bon test pour affirmer que vraisemblablement il n’y a pas d’infection au coronavirus, mais il subsiste toujours un doute. Nous avons lu dans la presse qu’il y avait de fausses attestations d’examens PCR en France par exemple.

L’État algérien a le droit de se protéger puisque parmi les éventuels arrivants, en toute bonne foi ou pas, certains peuvent être munis d’un examen PCR qui n’a pas respecté les conditions. Et puisque le doute est permis et que le danger est potentiel, je pense que la décision de réaliser un test PCR à l’arrivée est une décision de protection supplémentaire de la population.

Ces modalités sont des recommandations du Conseil scientifique et les Algériens qui rentrent chez eux doivent remplir les conditions.

En réalité, les frontières n’ont jamais été totalement fermées…     

Non seulement elles n’étaient pas fermées, mais elles étaient ouvertes à ceux qui pouvaient présenter un danger potentiel et fermées à ceux qui ne portaient pas un risque majeur. Je pense que le Premier ministère a voulu rectifier cette anomalie.

Des pays ont ouvert leurs frontières à toutes les personnes vaccinées. Chez nous, on n’a pas pris en considération cet aspect. Nos compatriotes à l’étranger ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une injustice. Quel est votre avis ?

Là vous avez raison. On aurait dû prendre en considération le statut vaccinal de la personne. Cela devrait figurer parmi les conditions d’accueil, de transport et d’arrivée.

L’Espagne a ouvert ses frontières pour toutes les personnes vaccinées…

Pour toutes les personnes vaccinées avec les vaccins homologués par l’Union européenne. Quelqu’un qui arrive avec l’un des vaccins les plus efficaces, notamment le Spoutnik V, n’est pas accepté.

Chez nous, on aurait en effet dû tenir compte du statut vaccinal et énumérer la liste des vaccins qui sont reconnus par les autorités sanitaires algériennes.

On évoque la crainte des variants. Pensez-vous qu’il faille juste renforcer le contrôle aux frontières ?

Absolument, il faut que le contrôle soit strict et systématique. Dans notre pays, nous avons inventé le mot « dérogation ». Il y a donc des dérogations pour des personnes qui ne sont soumises à aucune condition et c’est là où le bât blesse. Il ne doit y avoir aucune dérogation et pas la moindre permissivité ou échappatoire aux règles et conduites qui sont observées dans tous les pays qui veulent protéger leur population. Les autorités ont un double souci : diminuer l’impact de l’infection, sa gravité et donc sa transmission, et protéger la population.

Le Premier ministre a appelé à l’accélération de la vaccination étant donné que le rythme est très faible en Algérie…  

Il est très lent et probablement cela dépassait le territoire de compétence du ministère de la Santé, et qu’il fallait que la diplomatie joue un rôle, que tout l’Exécutif puisse faire un plaidoyer pour avoir un maximum de vaccins et par conséquent pouvoir vacciner à grande échelle.

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