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Japon – Algérie : lointaine proximité

Voyager est un réseau social plus efficace que Facebook. C’est une belle façon de se rendre compte que la famille ne se limite pas au sang. L’Algérie et le Japon, par exemple, sont deux frères qui s’ignorent. Deux continents distincts, des kilomètres de séparation et pourtant d’incroyables similitudes…

Le Japon comme l’Algérie sont farcis de culture, de coutumes et d’honneur. En se baladant dans le premier pays, on ne peut ignorer les superbes temples qui surplombent les villes. De même qu’en Algérie, les mosquées veillent sur les rues.

Dans les deux cas, les ablutions sont un passage obligatoire et faites dans les règles de l’art. Le temizuya au Japon et les fontaines en Algérie servent à se purifier avant d’entrer dans ces lieux sacrés. Commencer sa toilette par la droite est de mise pour ces jumeaux dépareillés, tout comme retirer ses chaussures avant de prier est une règle stricte.

Coup de chaud aux sources

Les ablutions pour prier ne sont pas les seules à rassembler les deux peuples. Il existe également la toilette quotidienne faite dans des bassins : les hammams algériens et les onsens japonais.

Au Japon, ces sources chaudes naturelles (ou artificielles dans les hôtels (sentô)) sont très prisées. Elles sont la base de l’hygiène d’un Japonais qui se familiarise avec cette pratique depuis l’enfance. Les plus spirituels diront que cela purifie l’âme. Avant d’y entrer, il faut prendre une douche et s’assurer d’être bien propre.

Même schéma côté Algérie qui regorge de hammams. Certains sont naturels (eau volcanique de Guelma), d’autres sont artificiels. C’est un rituel ancestral qui permet de détendre ses muscles et de se purifier.

Impossible de ne pas évoquer l’habillement quand on parle de deux pays aussi traditionnels. Dans ces deux cas, se vêtir rime avec pudeur. Au Japon, se promener en kimono, que l’on soit homme ou femme, est coutumier. Utilisé après un bain au onsen ou dans le meilleur des cas, pour se marier, ce vêtement cache les formes du corps tout en étant pratique.

En Algérie et dans le Maghreb, la djellaba est la star des penderies. Pour femmes et pour hommes, ce vêtement est décliné en plusieurs sortes et sert en toutes occasions.

A l’heure de la pudeur

Ce qu’il faut surtout retenir de l’habit, c’est qu’il est respectueux. Dans les régions les plus ancestrales comme Kyoto, les femmes sont priées de garder leur poitrine cachée. Ainsi, dans les magasins, il est normal de tomber sur des robes avec tee-shirt intégré. Cela s’applique à l’ensemble du Japon, même si la génération actuelle essaye de se défaire de cela.

L’Algérie voit aussi sa jeunesse s’émanciper petit à petit des codes. Cependant, le paysage reste très pudique ; le voile est majoritairement porté, les jupes sont longues. Même à la plage, on observe la pudeur. Question d’honneur.

L’honneur, justement, est maîtresse au Japon comme en Algérie. Elle est instaurée par les anciens qui transmettent aux plus jeunes. La vieille génération est considérée comme modèle et est respectée. En Algérie, il n’existe quasiment pas de maisons de retraite et pour cause : les personnes âgées vivent avec leurs enfants la plupart du temps. Au Japon, même chanson.

On partage le même toit. Les enfants nippons et maghrébins, contrairement aux européens, ne quittent pas la maison s’il n’y a pas l’excuse du mariage ou des études à l’étranger. Le mariage, justement, est primordial.

Dans le cas de l’Algérie, l’aspect religieux prime. Au Japon, c’est l’honneur. On ne vit pas avec son conjoint hors mariage, c’est impensable. Quant à l’avant mariage, pas question de relation passionnée comme dans un film américain et encore moins aux yeux de tous. La discrétion est de mise. S’aimer oui, mais pour soi, pas pour la caméra.

Menthe vs matcha

L’Algérie et le Japon ont les mêmes gouts en termes de boissons. Cela parait anodin, mais le Maghreb comme l’Asie sont friands de thé. En Algérie, la menthe est dans tous les jardins. On la trouve chez toutes les familles, dans toutes les soirées. Au Japon, c’est le matcha qui fait sa loi. Thé, glaces et même nouilles sont au matcha.

Le thé a une importance très particulière au Japon. Cette boisson aux nombreuses vertus a même sa propre cérémonie : chanoyu. On y sert du matcha en poudre (thé très amer), préparé par une experte.

Japonais et Algériens dégusteront ensuite leur thé sur une meïda (table basse), ou un kotatsu (table blase japonaise).

Le Japon et l’Algérie se retrouvent encore sur des sujets comme le tatouage. Interdit au Japon, il est assimilé au banditisme. Seuls les yakuzas (voyous japonais) en arborent. Certains restaurants interdisent même l’accès aux personnes tatouées, japonais comme touristes. En Algérie, on trouve des bras tatoués mais généralement, c’est du henné.

Il en va de même pour la calligraphie. Japon et Algérie ont la leur et certaines fois elles se ressemblent.

Ces deux pays ont en commun leur communautarismeLes touristes n’ont pas intérêt à faire la loi car le japonais au Japon et l’algérien en Algérie défendront toujours leur drapeau. Cependant, ils ont en commun leur accueil chaleureux.

Ces convergences font qu’un Algérien peut très bien se sentir chez lui au Japon, et inversement. Cependant, il est légitime de se poser les questions suivantes : pourquoi, quand on parle des peuples de ces deux pays, certains sont qualifiés d’« arriérés » quand d’autres ont le droit au terme « traditionnels » ?

Pourquoi dit-on de l’un que sa façon de penser est moyenâgeuse quand l’autre mérite l’indulgence ? Pourquoi juge-t-on sévèrement la religion du premier quand celle du second est comprise ?

Pourquoi ces deux pays similaires sont traités si différemment ?

A méditer…

Sayonara さような إلى اللقا -ء Illa Aliqa

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