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À la découverte de Tizi Oujaboub, un magnifique site touristique sur les hauteurs du Djurdjura

« Ce n’est pas loin. » Arezki a raison. Le col de Tizi-Oujaboub est, depuis Bouira (est d’Alger), presque à portée de main. Cependant, il a fallu pas moins d’une vingtaine de minutes, en voiture, pour l’atteindre.

La route, en bonne état, est bordée de fleurs précoces par endroits. Elle serpente en zigzag le flanc de la montagne. Et, au bout, le plateau rocailleux mais verdoyant, parsemé de divers végétaux, dont des pins d’Alep.

Situé à quelques 1200 mètres d’altitude, il offre une vue panoramique splendide, remarquable sur la vaste plaine de Bouira au sud et celles de Boghni, Draâ el-Mizan et Ouadhias au nord et nord-est.

Tizi Oujaboub est un merveilleux site de repos et de détente. Il est à l’état sauvage, très peu connu. Hormis des habitants des villes et villages mitoyens des versants sud et nord du massif montagneux du Djurdjura. Déserté pendant la période du terrorisme, il a de nouveau renoué avec les touristes et visiteurs.

Il a, en effet, commencé depuis quelques années à drainer beaucoup de monde, surtout durant la saison estivale. Les touristes, randonneurs et autres visiteurs viennent essentiellement des villes et villages limitrophes des wilayas de Bouira et Tizi Ouzou. Certains débarquent en famille. Pour se détendre sur l’herbe, respirer l’air pur, faire du footing et pique-niquer sur la plate-forme du col ou bien, un peu plus bas, à l’ombre des pins d’Alep épargnés par les incendies à répétition qui sévissaient dans le secteur.

Crédit photo : VVA ©


Le site s’étend sur une superficie de 118 hectares, dont une dizaine seulement est réservée pour le moment à la zone d’expansion touristique. Il est implanté sur le territoire de la commune de Bounouh, dans la daïra de Boghni, relevant de la wilaya de Tizi Ouzou. Il se trouve à quelques kilomètres, à vol d’oiseau, de la station climatique de Tala Guilef, actuellement en rénovation, et à la lisière du Parc National du Djurdjura.

Il figure parmi les quatre nouvelles zones d’expansion touristique (ZET) de montagne de la wilaya de Tizi-Ouzou, aux côté de Tala Guilef, Yakouren et Azro N’thor, sur le col de Tirourda, dans la commune d’Illilten. Il est mentionné dans un décret exécutif portant délimitation, déclaration et classement de zones d’expansion et sites touristiques, publié au Journal officiel numéro 70 du 8 décembre 2016.

Mais, la mise en route du projet traine. Il est, dit-on, à l’étude. Sa réalisation est attendue avec beaucoup d’intérêt et d’impatience, non seulement par les habitants des villages de la commune de Bounouh et ceux des autres villages de la daïra de Boghni, mais également par ceux de Bouira et des villages environnants.

Parce qu’il est de nature à procurer des postes de travail, mais aussi à donner un coup de fouet au tourisme et à d’autres activités, particulièrement l’artisanat florissant dans la région (poterie, robes kabyles, etc.)

Crédit photo : VVA ©


Des hommes d’affaires ont déjà le regard tourné vers le site. Les dossiers d’investissements sont fin prêts.

 

Panoramas époustouflants

En attendant, l’endroit est animé. Il est couru, surtout les week-ends, par les Bouiris et les voyageurs de passage ou qui séjournent quelques jours à Bouira.

Même s’il n’offre actuellement aucune commodité, beaucoup d’habitants de Bouira et des villages limitrophes ont quelque peu délaissé Tikjda au profit de Tizi-Oujaboub.

Parce qu’il propose des panoramas époustouflants, dans pratiquement toutes les directions. Aux nord et nord-ouest, le visiteur peut admirer une multitude de villes et villages des daïras de Draâ El-Mizan, de Boghni et des Ouadhias.

Par beau temps, le regard peut atteindre des villages des flancs sud des Daïra des Ath Douala, Larba Nath Irathen et Ath Yenni. Au sud, le regard du touriste porte sur les villes et villages de Bouira, Haïzer, Bechloul, Aïn Bessam, El Asnam, El Adjiba, jusqu’à Sour El-Ghozlane (Auzia de l’époque romaine) et au-delà vers Bordj Khris et Beni Slimane, dans la wilaya de Médéa.

Tizi Oujaboub n’a pas encore été repéré par les groupes de jeunes touristes algérois qui effectuent, presque chaque vendredi, lorsque le beau temps est de la partie, des escapades vers Tikjda. Faute de publicité.

Crédit photo : VVA ©


Pour rejoindre l’endroit, en partant d’Alger, on prend l’autoroute Est-Ouest jusqu’à Bouira. On entre dans cette ville, puis on emprunte la route qui la relie à Boghni. Tizi Oujaboub se trouve au sommet de la montagne, à une dizaine de kilomètres au nord de la ville de Bouira. Il est tout indiqué pour une ballade touristique.

Le retour sur Alger peut se faire par Draâ Ben-Khedda, via Boghni et Draâ El-Mizan. Il peut s’effectuer également par Tizi Ouzou, via les Ouadhias, en passant soit par Ath Douala, soit par la route de Oued Aïssi qui passe sur le flanc gauche du magnifique plan d’eau (barrage) du même nom.

Même s’il est long, l’itinéraire vaut la peine d’être fait. Parce qu’il offre de beaux paysages. Plus beaux que ceux, inconsistants, qu’on peut furtivement apercevoir depuis l’autoroute Est-Ouest reliant Bouira et Alger.

Il permet d’effectuer quelques haltes sur le chemin du retour : une virée au village de Sidi M’hamed Ben Abderrahmane Bou-Qobrine (le saint aux deux tombeaux) à Ath Smaïl, une autre à Ighil Imoula pour visiter la maison où fut imprimée (ronéotypée) la Proclamation du 1er novembre 1954.

En descendant de ce village, le visiteur peut également marquer un arrêt au cimetière des martyrs de Tizi N’tlata, afin de se recueillir sur la tombe d’Ali Zamoum, l’artisan de cette opération de tirage de ce document historique, décédé en 2004.

Un site historique

La découverte de Tizi Oujaboub n’est pas récente. L’endroit était fréquenté dès la fin du 19e siècle. D’abord par des géologues, puis par des alpinistes français. L’escalade, dont la première eut lieu en 1901, se faisait depuis Bouira en deux heures et trente minutes.

Il figurait dans la liste des itinéraires proposés par la section Atlas du Club alpin français. Il était cité dans un guide pratique Conty Algérie-Tunisie paru en 1901.

Crédit photo : VVA ©


Il est lui-même un site historique. Il avait été le théâtre de nombreuses et sanglantes batailles des habitants de la région, sous Tacfarinas et Firmus, contre les Romains, puis, successivement, contre les troupes turques (1516-1830) et françaises (1830-1962).

L’ancienne confédération des Iguechtoulan, regroupant les villages de l’actuelle daïra de Boghni et des villages environnants, avait joué un rôle prépondérant dans la lutte contre les envahisseurs.

« Son histoire est remplie de faits remarquables. Ce serait cette confédération qui aurait levé l’étendard de la révolte en l’an 17 de J.C et aurait suivi Tacfarinas, révolte qui s’étendit jusqu’au mont Ferratus, aujourd’hui montagne des Zouaoua. Nouvelles révoltes en 261 et 197, cette dernière fut réprimée par Maximien Hercule. Plus tard, en 372, à la voix de Firmus, les Zouaoua se révoltèrent et tinrent pendant longtemps les aigles romains en échec », peut-on lire dans la Revue mensuelle religieuse, politique et scientifique, numéro 35, de novembre 1896 éditée à Paris.

La même confédération à laquelle s’était jointe celle d’Ath Sedka, avait réservé le même « accueil » aux troupes d’occupation turques installées à Boghni et Draâ El-Mizan.

« Ce fut ainsi que, le 16 juillet 1757, les Guechtoula et les Aït Sedka, en révolte, s’emparent de nouveau de Bordj-Boghni, où, après un combat sanglant, le Caïd du Sébaou fut tué », relevait Si Amar Ou Saïd Boulifa, dans son ouvrage Le Djurdjura à travers l’histoire (depuis l’antiquité jusqu’à 1830), paru en 1925 à Alger.

« Dans le courant du mois d’août de la même année, le Bordj-Bouira, menacé par d’autres tribus, ne put que déposer les armes et solliciter la paix ; et jusqu’à la fin de l’année suivante, toutes les colonies turques débordées furent pillées et dévastés par les Kabyles révoltés », ajoutait M. Boulifa.

Les Turcs avaient mobilisé d’importantes troupes pour refouler les insurgés et reconquérir, difficilement, leurs Bordjs. « Mais, la soumission pour un pays jaloux de son indépendance ne pouvait être de longue durée », selon M. Boulifa. Ce que l’histoire a confirmé pendant la colonisation française.

Et Tizi Oujaboub, une fois devenue zone touristique climatique, peut constituer une sorte de rampe de lancement pour des excursions en direction de différents sites historiques et touristiques des wilayas de Tizi Ouzou et Bouira, dont ces Bordjs ou ce qui en reste comme vestiges.


Auteur : Mohamed Arezki Himeur

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