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La question des sans-papiers en France fait souvent débat dans le pays, et la réalité que vivent certaines femmes en situation irrégulière est souvent masquée derrière les statistiques.

À l’occasion du festival organisé par l’association « France terre d’asile » les 14 et 15 novembre prochains, le journal français Libération met en lumière l’histoire de ces femmes vulnérables et exploitées.

L’une d’elles, une ressortissante algérienne du nom de Zohra, a une histoire particulièrement marquante.

Une femme sans-papiers piégée dans un travail illégal

En France, le statut de sans-papiers recouvre des parcours très différents, comme l’illustre l’histoire personnelle de Zohra S., racontée par Libération ce mercredi 12 novembre.

Cette Algérienne est arrivée en France en janvier 2017, après avoir fui des problèmes familiaux : « Au décès de mon père, j’ai eu des problèmes avec mon frère, alors j’ai fui et je suis allée chez ma sœur qui habite à Lyon. Elle a trois enfants, elle m’a hébergée ».

Son unique objectif était de trouver du travail, obtenir un titre de séjour, et « vivre ma vie », dit-elle, mais son aspiration va la mener droit vers une forme d’esclavage moderne.

En 2019, un employeur à Calais, dans les Hauts-de-France, lui promet la régularisation. « Viens et je te ferai tes papiers », lui affirme-t-il, mais Zohra va vite déchanter. Elle va travailler dur et n’obtiendra jamais de titre de séjour.

Durant 4 ans, elle va travailler 7 jours sur 7 comme femme de chambre. « Comme il ne voulait pas aller à la laverie, je lavais aussi le linge. Je m’occupais de la formation des nouvelles femmes de chambre, un peu de rénovation, de la peinture, etc. ».

En plus de s’occuper de tout dans l’hôtel, Zohra prépare également à manger, le tout pour un petit salaire mensuel de 300 €, « plus une petite chambre et un papier disant que la valeur du loyer était de 450 euros ».

« C’est terrible d’être sans papier »

Avec ces conditions de travail, la ressortissante algérienne va aussi subir les humeurs de son employeur : « Il est devenu méchant, il me criait dessus », ce qui va la pousser à fuir.

Son départ la plonge dans une précarité totale. Elle va alterner les nuits « dans la rue, chez des connaissances, des amies, à nouveau chez ma sœur à Lyon ».

Zohra découvre alors le pire visage de l’immigration irrégulière. « C’est terrible d’être sans papiers ; tu n’as pas le droit de travailler, quand tu sors tu as peur, quand tu voyages tu as peur. Ça fait presque neuf ans que je suis ici en France et dès que je vais chez ma sœur j’ai peur des contrôles », confie-t-elle.

Aujourd’hui, elle se trouve toujours à Calais, vivant dans la clandestinité et dépendant de la solidarité locale et de ses amies : « Un de mes grands plaisirs est d’être bénévole au Secours catholique, d’aider les gens… Là-bas, on accueille les femmes, on sert le café, on donne à manger… Et comme je parle arabe, je fais parfois des traductions ».

Après des problèmes de santé et un séjour à l’hôpital, Zohra est désormais hébergée tour à tour chez deux amies, mais elle espère toujours changer de situation. « Je veux un chez moi. Comme tout le monde », regrette-t-elle.

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