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De nombreux ressortissants marocains installés en France, travaillant pour une filiale d’une banque marocaine installée à Paris, dénoncent des rejets systématiques de leurs demandes de naturalisation par les préfectures.

Ces demandeurs sont tous des employés à Chaabi Bank, filiale française du groupe marocain Banque centrale populaire (BCP). Implantée à Paris, elle est spécialisée dans la finance éthique et islamique.

Des refus systématiques des demandes de naturalisation

Selon le journal marocain Le Desk, les demandes de naturalisation de nombreux employés de cette banque se heurtent presque systématiquement aux refus des préfectures.

C’est le cas d’une ressortissante marocaine, employée dans une agence de Chaabi Bank depuis 2018, dont la demande de nationalité française avait été rejetée en 2022 par le préfet des Yvelines. Par une décision rendue le 6 novembre 2025, le tribunal administratif a annulé le refus de naturalisation opposé sa demande.

Le média marocain parle de plusieurs autres cas similaires, dans lesquels le ministère de l’Intérieur français justifie les refus par « un lien particulier avec le pays d’origine », en raison de l’emploi au sein de la filiale d’une société marocaine.

Dans un autre dossier, la demande de nationalité d’une Marocaine mariée à un Français et mère d’enfants français a été rejetée à deux reprises. Et malgré un recours pour décision « insuffisamment motivée » et « discriminatoire », la justice administrative de Nantes a confirmé le refus.

Une récente décision du tribunal administratif marque un tournant pour ces employés

La requérante a même fait appel à cette décision, mais le tribunal a maintenu son jugement, estimant que les revenus de la requérante provenaient « d’un organisme bancaire étroitement lié à son pays d’origine » et remettant en cause sa loyauté envers la France.

Le recours introduit par une autre ressortissante marocaine établie à Asnières, employée de la même banque, est resté sans réponse au niveau de la préfecture, ce qui implique une décision implicite de rejet. Elle a décidé à son tour de saisir la justice administrative.

Mais cette fois, le tribunal a estimé que le ministre de l’Intérieur « a entaché sa décision d’une erreur d’appréciation », car le poste de la requérante au sein d’un établissement enregistré au registre du commerce et des sociétés de Paris, « ne révèle aucun lien incompatible avec l’allégeance française ».

Dans son jugement, le tribunal a enjoint l’administration de réexaminer la demande dans un délai de quatre mois et verser 1.200 euros de frais de justice à la salariée. Une décision perçue comme un tournant pour les candidats marocains à la nationalité française, employé de Chaabi Bank. 

 

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