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Alors que l’euro poursuit sa flambée et multiplie les records face au dinar algérien sur le marché noir des devises, certaines destinations internationales deviennent quasi inaccessibles pour les touristes algériens.

Ce mardi 18 novembre, les cambistes du square Port-Saïd d’Alger proposent la monnaie unique européenne à 274,5 dinars l’unité. Le dollar continue de grimper et s’échange désormais contre 238,5 dinars.

Flambée des devises : quel impact sur les voyageurs algériens en Europe ?

La flambée des devises s’explique en grande partie par la baisse de l’offre, face à une demande en constante évolution, portée notamment par l’importation automobile par les particuliers, la hausse des voyages à l’étranger et la difficulté d’accès aux devises dans le circuit officiel.

Concernant les voyages, certaines destinations, comme l’Europe et la Turquie, deviennent pratiquement inaccessibles aux voyageurs algériens en raison de la flambée de l’euro, et ce, même avec l’allocation touristique de 750 euros qui leur est accordée une fois par an.

Pour se rendre dans les pays européens, en plus du droit de change au taux officiel, de nombreux voyageurs doivent inévitablement passer par le marché parallèle pour se procurer des devises permettant de couvrir leurs dépenses.

Difficultés d’obtenir un visa Schengen

 Ainsi, pour obtenir un billet de 100 euros, ils doivent débourser une somme pouvant atteindre 27.450 dinars et pour une somme de 500 euros 137.250 dinars algériens, des montants qui ne sont pas à la portée de tous, et qui ne permettent de passer un séjour d’une semaine dans ces pays. L’hébergement, les repas, le transport, les loisirs reviennent donc plus chers en dinars.

En plus de la hausse de l’euro sur le marché noir, les Algériens sont confrontés à autre obstacle de taille quand ils veulent se rendre en Europe : les difficultés d’obtenir un visa Schengen. La France a fortement réduit la délivrance des visas aux ressortissants algériens en raison de la crise entre les deux pays, ce qui réduit fortement la mobilité entre les deux rives de la Méditerranée.

La Turquie devient inaccessible pour de nombreux voyageurs algériens

Il en va de même pour les voyageurs qui se rendent en Turquie, une destination qui a été longtemps abordable pour les Algériens.

En plus de la dépréciation continue du dinar, les voyageurs algériens sont aussi confrontés à des prix excessivement chers en raison de l’inflation qui touche la Turquie.

En septembre 2025, l’inflation annuelle en Turquie a atteint 33,29 %, en légère hausse par rapport au mois d’août. Les prix dans les hôtels, par exemple, notamment ceux des grandes stations balnéaires, ont quasiment doublé en quelques années.

La Tunisie, seule destination encore abordable

Même les touristes européens et des pays du Golfe se plaignent des hausses généralisées des prix en Turquie. Cette situation, combinée à la dépréciation continue du dinar algérien, rend la Turquie inaccessible pour de nombreux voyageurs algériens. 

Dans ce contexte, seule la Tunisie qui est accessible sans visa et par voie terrestre, reste accessible aux touristes algériens qui s’y rendent en grand nombre chaque année.

« C’est malheureusement la seule destination encore abordable pour les touristes algériens », constate un dirigeant d’une compagnie algérienne d’assurance-vie.

 

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