Le député Wahid Al Sid Cheikh explique comment le marché noir de la devise fait perdre à l’Algérie d’importantes mannes financières dans le cadre des transferts de fonds de la diaspora algérienne.
Les transferts de fonds des diasporas représentent une source de financement majeure pour de nombreux pays, notamment en Afrique.
Mais l’Algérie, avec pourtant l’une des plus importantes communautés à l’étranger, ne bénéficie pas de la totalité de ces transferts, en raison du marché noir de la devise qui capte la plus grande partie de ces fonds en devises.
20 milliards de dollars
Intervenant sur le plateau de la chaine TV Dzair Tube, le député Wahid Al Sid Cheikh a expliqué que la diaspora algérienne, qui compte environ sept millions de ressortissants, est considérée comme « un véritable trésor pour l’économie algérienne ».
À titre de comparaison avec des pays arabes, il cite l’Égypte, dont la diaspora est presque la même que celle de l’Algérie en termes de nombre. Les transferts de fonds de la diaspora égyptienne cette année ont atteint 36 milliards de dollars.
Mais « les transferts de fonds de la communauté algérienne à l’étranger (via le circuit formel) ne dépassent pas les deux milliards de dollars par an », dit-il. Or, en réalité, les membres de la diaspora algérienne transfèrent annuellement au moins 20 milliards de dollars, selon le parlementaire, citant les estimations d’experts.
En déduisant le montant de 1,9 à 2 milliards de dollars, transférés via les circuits bancaires, le reste, s’élevant à environ 18 milliards de dollars, est transféré via le marché noir de la devise. Les Algériens de l’étranger profitent ainsi d’un taux de change très favorable comparé à celui de la banque. Actuellement, l’écart entre les deux atteint les 80 %.
« Le marché noir capte ainsi plus de 18 milliards de dollars »
« Le marché parallèle de la devise capte ainsi plus de 18 milliards de dollars par année de transferts de la communauté algérienne à l’étranger, ce qui représente une énorme perte pour le Trésor public », déplore le député, qui est également membre du groupe parlementaire d’amitié algéro-chinois.
« L’Algérie doit au minimum essayer de réduire cet énorme écart qui nourrit le marché noir de la devise et nuit gravement à l’économie nationale, car en favorisant les transferts bancaires, les membres de la diaspora payent des taxes, qui se dirigent directement vers le Trésor public », explique encore l’intervenant.
Mais en transitant via le marché noir de la devise, poursuit le député, les caisses et l’économie du pays ne bénéficient aucunement des opérations de transferts des devises menées par les membres de la communauté nationale à l’étranger.
