Faut-il désormais risquer sa vie pour décrocher un simple titre de séjour en France ? C’est en tout cas ce qu’a fait un sans-papier tunisien ayant entamé une grève de la faim pour régulariser sa situation administrative.
Il s’appelle Nader Ayache et il est doctorant et réalisateur. Arrivé en France en toute légalité, il écope d’une OQTF en 2019. Son seul tort : avoir travaillé avec un statut d’auto-entrepreneur alors qu’il avait un visa étudiant.
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Nader Ayache essaye de se débarrasser de cette OQTF de toutes les manières légales, mais rien n’est fait. Il poursuit ses études avec la peur au ventre d’être expulsé à chaque contrôle de police.
Il a réalisé plusieurs films, dont le dernier a été présélectionné aux Césars 2025. Il a également terminé ses études et rendu sa thèse de doctorat. Seul bémol, il reste en situation irrégulière, ce qui l’empêche de travailler et de voyager depuis 2019.
Après plus de 5 ans de combat, ce sans-papiers tunisien décroche une régularisation
Le 8 novembre dernier, ce ressortissant tunisien plante une tente devant le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) et accroche une pancarte où il dévoile qu’il entame une grève de la faim pour régulariser sa situation. Son cas a été très médiatisé.
Il aura fallu attendre plus d’un mois pour que la lutte de ce sans-papier paie enfin. Ce 3 décembre, dans une vidéo qu’il a postée sur les réseaux sociaux, il dévoile qu’il a finalement décroché un récépissé de trois mois avec autorisation de travail. Il devrait bientôt recevoir son titre de séjour dans un mois.
« Le titre de séjour sera maximum entre mes mains dans un mois, avec autorisation de voyage, ce qui veut dire que la fête de fin d’année je vais pouvoir la passer en Tunisie avec ma famille », a-t-il expliqué.
« La lutte paie ! »
Pour rappel, ce ressortissant tunisien n’avait pas pu assister aux obsèques de son père en Tunisie car il n’aurait jamais pu revenir en France poursuivre ses études et sa carrière de réalisateur. Son retour en Tunisie est donc « quelque chose qui le rend tellement heureux ».
C’est un dénouement heureux mais bien mérité, que ce ressortissant tunisien a dû payer par plusieurs jours de privation de toute nourriture. Il buvait seulement un peu de thé ou de café pour se réchauffer et prenait un petit bonbon de temps en temps pour pouvoir tenir le coup.
Militant pour la cause des sans-papiers en France à travers ses films mais aussi à travers sa dernière action, Nader Ayache ne laisse pas la joie de décrocher un titre de séjour lui faire oublier ses compagnons d’infortune. « La lutte paie ! J’espère la régularisation de tous les sans-papiers », a-t-il lancé.
