L’influenceur français La Bouillave, suivi par 216.000 abonnés sur YouTube et 24.000 sur TikTok, a visité l’Algérie durant l’automne.
Depuis un mois, il publie en série des vidéos de son séjour, un contenu régulièrement dénoncé par les internautes. Le voyageur est accusé de ne montrer que les aspects les plus sombres du pays pour attirer l’audience.
Là où des voyageurs internationaux, des journalistes et des spécialistes du tourisme parlent d’un pays accueillant, varié et bouleversant, lui enchaîne les séquences négatives, quitte à déformer la réalité.
Son angle ne fait plus de doute : La Bouillave capitalise sur le « buzz Algérie » pour écorner l’image du pays et augmenter son audience.
La Bouillave et son récit orienté : « L’Algérie en ruines », « Montagne de déchets », « Polygamie »
Dans ses vidéos sur TikTok et sur YouTube, l’influenceur La Bouillave ne suit pas les traces d’un voyage classique : ni patrimoine, ni circuits naturels, ni rencontres approfondies avec les locaux.
L’influenceur, originaire de Toulouse, préfère viser ce qu’il appelle « la vraie Algérie ». En pratique, il se rend dans les quartiers les plus touchés par la pauvreté, filme les déchets au sol, les embrouilles de rue ou les zones réputées dangereuses.
À chaque publication, il reprend le même schéma : un titre choc, comme « L’Algérie en ruines », « La polygamie en Algérie » ou « Montagne de déchets en Algérie », et un discours généralisé présenté comme une vérité nationale.
Dans l’une de ses vidéos, il affirme : « En Algérie il y a beaucoup de déchets, ils n’y accordent pas la même importance qu’en France. C’est une cascade de déchets. Comment on peut en arriver là ? ».
Un discours façonné pour le buzz
L’influenceur s’est également rendu dans un quartier difficile d’Oran. Il raconte qu’il y a été agressé au couteau, et qu’il est globalement mal perçu à cause de ses tatouages et de son style, ou même qu’il a été dragué par des hommes.
Il va jusqu’à demander à un passant : « Où sont les juifs en Algérie ? ». Là encore, les internautes dénoncent un piège visant à créer le malaise où il n’existe pas.
Ses clips mettant en scène un homme présenté comme « un Algérien anti-France » ou ses accusations de « délit de faciès en Algérie » quand les autorités cherchent à confirmer son identité de touriste renforcent l’impression d’un contenu orienté systématiquement.
Et ce n’est pas un cas isolé : toutes les vidéos du séjour de La Bouillave en Algérie reprennent le même procédé, selon de nombreux internautes.
« L’objectif de cet influenceur est clair »
Sur les réseaux sociaux, la réaction est massive. Dans des centaines de commentaires, la ligne est quasi-unanime : « L’objectif de cet influenceur est clair », « On voit bien clair dans son jeu », « Un émissaire du RN ».
Beaucoup d’intervenants l’interrogent directement : « Tu es venu faire quoi au juste en Algérie ? », « 22 vidéos sur l’Algérie ! C’est quoi votre problème ? ».
D’autres essaient de comparer son approche à celle d’Antoine de Maximy de la célèbre émission « J’irais dormir chez vous ». La Bouillave a bien tenté de reprendre le concept mais a échoué. « Si vous n’êtes pas accueilli comme Antoine de Maximy, c’est que vous n’êtes pas comme Antoine de Maximy », lui adresse un commentateur.
« Il est parti en Algérie juste pour critiquer »
Plusieurs rappellent aussi que les scènes de saleté ou de tensions filmées existent « dans n’importe quel pays ». L’un déclare : « Je peux filmer exactement la même chose en France », tandis qu’un autre ajoute : « Je peux filmer à Porte de la Chapelle, c’est pire ! ».
Certains vont encore plus loin en s’interrogeant sur ses réelles intentions : « Pourquoi les autorités algériennes ne l’ont pas arrêté ? », « Tu as eu le visa une fois, pas deux », « Il est parti en Algérie juste pour critiquer », « Bizarrement, il n’y a qu’à lui que c’est arrivé ».
En somme, une série de vidéos dénoncées comme « scandaleuses » et filmées de façon à capter l’audience au détriment d’une réalité bien plus nuancée.
