Pour contourner les longs délais de rendez-vous et accélérer le traitement de leur demande de visa Schengen, de nombreux voyageurs sont tentés de passer par ce qu’ils appellent un « petit pays » plus accessible, tel que Malte ou le Luxembourg, au lieu de cibler leur véritable destination.
Cette stratégie, largement répandue dans presque tous les pays, est pourtant risquée et surtout contraire au droit européen.
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VFS Global rappelle que cette pratique entraîne un nombre plus croissant de refus. D’autant que ces refus sont enregistrés dans le Système d’Information sur les Visas (VIS), et qu’ils auront des conséquences durables pour les futurs voyages.
Visa Schengen : attention au mythe du « petit pays »
Pour gagner quelques semaines sur leur délai d’attente, certains voyageurs souhaitant se rendre en Union européenne choisissent délibérément un pays Schengen moins sollicité. Une stratégie supposée leur faire obtenir leur visa plus vite.
VFS Global est pourtant clair : cela ne marche pas. Selon Monaz Billimoria, directrice régionale de la société VFS Global, « la loi Schengen dit que vous devez faire la demande auprès du pays où vous voyagez ou celui où vous passerez le plus de jours. Ils appliquent cette règle très strictement. Si vous ne le faites pas, il est possible que votre demande de visa soit refusée », indique le site d’information Schengen Visa Info.
Ainsi, la base juridique ne laisse aucune place à l’interprétation. L’article 5 du Code des visas de l’Union européenne (Règlement 810/2009) détermine précisément quel pays est compétent pour traiter une demande.
Pour cela, trois critères sont requis, à savoir : la destination principale, la durée de séjour la plus longue en cas de voyage multi-pays, et à défaut, le pays de première entrée dans l’espace Schengen.
Un visa mal déposé est rapidement détecté
Toutes les demandes déposées auprès d’un consulat non compétent constituent donc une violation de ce cadre légal. Et les conséquences pour les demandeurs sont lourdes !
Les refus sont automatiquement inscrits dans le VIS, qui est accessible à l’ensemble des États membres. Ils peuvent aussi provoquer des refus successifs pendant des années.
Besart Bajrami, fondateur de Schengen Visa Info, confirme la sévérité des autorités : « Nous avons vu de nombreux refus fondés sur une violation de l’article 5 […] Un demandeur qui passe 8 jours en Allemagne et seulement 2 à Malte alors qu’il a déposé via Malte… Ce n’est pas un jeu, c’est une question de respect de la loi ».
Outre l’obtention du visa, les incohérences rattrapent les voyageurs jusqu’à la frontière, étant donné que les agents vérifient systématiquement l’itinéraire réel. Par exemple, un visa maltais associé à un séjour de 10 jours en France va immédiatement susciter le doute.
Les arnaques et la promesse d’un traitement accéléré
L’entrée peut être refusée malgré un visa valide. Et à la sortie, les contrôles sur les réservations d’hôtels, de billets de train ou autres preuves d’hébergement permettent de détecter les faux itinéraires.
« Les incohérences sont enregistrées dans le SIS et accessibles à tous les consulats, causant une surveillance accrue, voire des refus, pendant de nombreuses années », souligne Bajrami.
Autre idée reçue persistante parmi les voyageurs : l’existence d’un « fast-track » Schengen, qu’on peut obtenir en payant plus cher ou en sollicitant un « agent bien connecté ».
Là encore, VFS Global rectifie l’info. Monaz Billimoria rappelle qu’aucune option accélérée n’existe, même en cas d’urgence, contrairement aux pays qui proposent des services premium.
« Ne venez pas dire que n’importe quel pays fera l’affaire »
Cette opinion reçue alimente un marché parallèle d’intermédiaires qui vendent de faux rendez-vous garantis, prioritaires ou accélérés. Les candidats au visa Schengen y voient une solution miracle, alors qu’il s’agit d’une arnaque.
« Ces agents opèrent en dehors des processus officiels. Si vous cherchez un visa, ne tombez pas dans ces arnaques », prévient Billimoria.
Les seules voies légitimes sont les centres partenaires agréés, tels que VFS Global, les ambassades et les consulats des États membres.
Ainsi, pour éviter toute déconvenue, la marche à suivre est la suivante : déterminer la véritable destination principale, déposer sa demande auprès du consulat compétent, et documenter son itinéraire (vols, hôtels…).
« Décidez d’abord où vous allez et faites votre demande où vous êtes censé voyager. Ne venez pas dire que n’importe lequel fera l’affaire. Cela n’existe pas », réaffirme Monaz Billimoria.
