Introduite par la dernière loi immigration, la mesure rendant le la réussite de l’examen civique obligatoire pour obtenir un titre de séjour est jugée injuste par certaines associations en France.
A partir du 1er janvier 2026, les primo-demandeurs de titres de séjour pluriannuels, de cartes de résidents mais aussi de la nationalité française, sont tenus de passer un examen civique et d’obtenir un taux de réussite d’au moins 80 %.
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Les étrangers, qui souhaitent s’installer en France ou devenir Français, devront répondre, dans le cadre de cet examen, à plusieurs questions en relation notamment avec la politique, l’histoire et la géographie de la France ou encore les valeurs de sa société française.
Le niveau des questions diffère selon le titre de séjour demandé. L’examen dédié aux demandeurs de naturalisation est donc plus difficile à réussir, indique le média français La Voix du Nord, ce lundi 15 décembre. Les demandeurs ont devant eux 45 minutes pour finir l’examen.
Test civique : « c’est assez déconnecté du terrain »
Dans les fiches mises à disposition des étrangers, la Direction générale des étrangers en France (DGEF), chargée d’élaborer le contenu de l’examen civique, on y trouve des thèmes en rapport avec la Constitution du 4 octobre 1958, la décentralisation, ou encore l’histoire de la Révolution française.
Pour Hélène Ceccato, du Secours catholique, citée par le même média, « c’est assez déconnecté du terrain et de ce qui nous fait sentir citoyen ». La militante ajoute : « Pour comprendre les questions dans le domaine politique il faudra un bon niveau de français écrit, et savoir manier des concepts ».
Une source « proche du dossier » a confié au média français que la première version du test civique qui a été présentée a « été corsée par le cabinet de l’ex-ministre de l’Intérieur (Bruno Retailleau) avant son départ ».
Estimant que les autorités ont mis la barre trop haut pour les étrangers en quête de naturalisation ou de titres de séjour longue durée, certaines associations redoutent ainsi « un fort» taux d’échec dans le cadre de cet examen civique mais aussi dans le cadre du test de langue qui reste en vigueur.
Hélène Ceccato, notamment chargée de l’apprentissage du français pour le Secours catholique, estime qu’on « demande aux étrangers d’avoir un niveau supérieur aux Français », rappelant que le niveau B2 exigé pour la naturalisation est le même demandé pour rentrer à la fac, et ce, alors qu’il y a « une portion de Français illettrés et un nombre non négligeable qui ne sont pas allés à l’université ».
