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Pour renouveler leurs titres de séjour en France, les étrangers sont obligés de suivre un chemin semé d’embûches. Entre le durcissement de la politique migratoire et les lourdeurs administratives, beaucoup se retrouvent livrés à eux-mêmes.

C’est ce qui s’observe dans la majorité des préfectures en France, et celle de la Sarthe ne fait pas exception. Ce service de l’Etat peine à répondre à toutes les demandes de renouvellement de titre de séjour, devenant « une fabrique de sans-papiers ».

Antoine Boutet, le secrétaire départemental (Sarthe) de la Ligue des droits de l’Homme, indique que de plus en plus de demandeurs qui peinent à renouveler leurs titres de séjour sont installés en France depuis plusieurs années.

En France depui 40 ans, elle risque de devenir sans-papiers

Il cite notamment le cas d’une femme qui a déposé sa demande de renouvellement en juin dernier et qui n’a toujours pas reçu son titre de séjour de 10 ans, alors qu’il s’agit de son cinquième renouvellement. Ainsi, après 40 ans de présence en France, elle risque de devenir sans papier.

Ce profil de demandeurs infortunés « n’existait pas avant », assure le militant. Selon lui, cela a commencé à s’observer suite à la crise du Covid et la dématérialisation des procédures. Outre les bugs informatiques, la procédure est compliquée et les rendez-vous sont délivrés au compte-goutte.

Il y a aussi le problème du durcissement de la politique migratoire en France, notamment après le passage de Bruno Retailleau, ajoute le même intervenant. « Il a bloqué tous les renouvellements pendant quelques semaines pour tout remettre à plat », explique-t-il.

Outre ce retard qui n’a fait que « rallonger les délais », l’ex-locataire de Beauvau a durci la procédure. «  Il y a aussi des gens qui ont leurs titres refusés pour des délits mineurs, comme une amende non payée, car les règles sont plus dures », témoigne l’activiste.

Titre de séjour : des personnes bien intégrées se retrouvent « en marge de la société »

Mais au-delà des gens qui reçoivent des OQTF, c’est le cas de ceux qui n’ont pas de réponse claire qui inquiète le plus Philippe Chabin, bénévole à la Cimade. En n’arrivant pas à renouveler leurs titres de séjour, ils se retrouvent dans « un no man’s land administratif… complètement en marge de la société », a-t-il expliqué.

Sans titre de séjour valide, ces étrangers, même s’ils résident en France depuis plusieurs années, « perdent souvent leur emploi, leurs droits à la retraite et ce qu’ils touchaient avant », déplore l’activiste.

« On est vraiment dans la fabrique des sans-papiers et on cherche à faire des parcours d’obstacles pour des gens qui sont complètement intégrés et qui ne demandent qu’à vivre en paix et en famille », a-t-il fustigé.

Pour améliorer la situation de ces étrangers, les associations comme la Cimade, la LDH, ou encore la CGT réclament notamment l’automatisation du renouvellement des titres de séjour et l’abrogation de la circulaire Retailleau.

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