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Les voyageurs de pays tiers, dont l’Algérie, entrant dans l’espace Schengen doivent s’armer de patience. Le transit via les aéroports des pays de l’Union européenne risque d’être fortement perturbé à partir de janvier prochain. Voici pourquoi.

À l’arrivée des aéroports de l’Union européenne, les voyageurs de pays tiers sont soumis, depuis le 12 octobre dernier, à un nouveau système de contrôle dans le cadre du déploiement progressif du nouveau système d’entrée sortie (EES).

« Les temps de passage dans les aéroports en hausse de jusqu’à 70 % »

Une fois entièrement mis en place, ce système, déployé aux frontières terrestres et maritimes et dans les aéroports de l’UE, va se substituer aux tampons manuels sur les passeports des voyageurs.

Concrètement, il permet d’enregistrer les coordonnées et les données biométriques des voyageurs concernés, leurs dates d’entrée et de sortie. L’objectif étant de suivre les dépassements de séjour et les refus d’entrée dans l’espace Schengen.

Mais le déploiement de ce nouveau système de contrôle de passagers sème déjà la pagaille dans les aéroports européens, selon un rapport du Conseil international des aéroports (ACI Europe), cité par le média spécialisé L’Écho Touristique.

« La montée en puissance progressive de l’enregistrement des données biométriques des ressortissants de pays tiers à leur entrée dans l’espace Schengen a eu pour résultats d’accroître les temps de passage dans les aéroports de jusqu’à 70 % », indique le rapport.

Les délais d’attente des voyageurs au niveau des postes de contrôle peuvent en effet « atteindre trois heures lors des périodes de pointe », selon la même source.

« Des blocages bien plus graves » à partir de janvier prochain

Tout en appelant les autorités européennes concernées à passer en revue les difficultés engendrées par l’application de l’EES, l’organisation indique que ces mesures « affectent gravement l’expérience des passagers ».

La France, l’Allemagne, la Grèce, l’Islande, l’Italie, le Portugal et l’Espagne sont les pays « particulièrement touchés » par ces problèmes, indique encore ACI Europe dans son rapport.

Les pannes régulières du système EES, le déploiement partiel ou l’indisponibilité des postes électroniques en self-service, les effectifs insuffisants de policiers aux frontières sont, entre autres, les dysfonctionnements relevés par l’organisation.

Cela dit, ces difficultés sont relevées alors que l’application de l’EES n’est prévue jusqu’ici que sur 10 % des visiteurs de l’Union européenne. Ce taux devrait passer à 35 % à partir du 9 janvier prochain.

Cela « va inévitablement déboucher sur des blocages bien plus graves, et des ruptures de fonctionnement systémiques pour les aéroports », a prévenu le directeur général de l’ACI Europe, alertant sur « des situations dangereuses ».

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