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Lors de son passage à la tête du ministère français de l’Intérieur, Bruno Retailleau a considérablement durci les conditions d’obtention d’un premier titre de séjour en France.

Même si l’ex-ministre de l’Intérieur n’est resté en poste qu’une année et quelques jours, il y a laissé sa touche, notamment à travers sa circulaire adressée aux préfets début janvier dernier, ou il durcit sévèrement les conditions de l’admission exceptionnelle au séjour.

Suite à la circulaire Retailleau, les sans-papiers qui peinaient déjà à filer entre les doigts du pouvoir discrétionnaire du préfet, devaient justifier une présence de 7 ans sur le territoire français, prouver une maitrise de la langue française et ne pas avoir eu une ancienne OQTF ou avoir été soupçonné de constituer des troubles à l’ordre public.

Circulaire Retailleau : les régularisations baissent de près de 50 %

Des conditions très dures à satisfaire ce qui s’est traduit notamment par la chute du nombre de régularisations depuis l’entrée en vigueur de cette circulaire qui a abrogé la circulaire de Valls de 2012 qui était déjà assez contraignante.

De début janvier jusqu’à fin septembre 2025, les admissions exceptionnelles au séjour ont baissé en France de 42 %, passant de 19.000 régularisation en 2024 à 11.000 en 2025, révèle le journal Le Monde.

Dans un article publié ce 22 décembre, le média français précise que cette chute concerne presque toutes les catégories, notamment les régularisations au titre du travail qui ont baissé de 54 % (2.653) et les régularisations pour des motifs familiaux qui ont chuté de 58 % (moins de 4.000).

« Déposer une demande de régularisation c’est comme jouer à la roulette russe »

Il s’agit d’un durcissement qui dissuade désormais certains sans-papiers d’aller déposer une demande d’admission exceptionnelle au séjour, car ça serait « comme jouer à la roulette russe », indique Catherine Alif, du collectif nettoyage de la CGT parisienne.

Cécile Boulai, membre du collectif migrants de la CGT de Paris estime que « les critères de la circulaire Retailleau sont trop flous ». L’avocate en droit des étrangers Elsa Ghanassia indique quant à elle qu’« il vaut mieux rester dans la clandestinité que prendre une OQTF ».

Même constat en ce qui concerne les fameuses régularisations des sans-papiers travaillant dans des métiers en tension. Il s’agit de la montagne qui a accouché d’une souris.

Alors que de nombreux sans-papiers attendaient l’entrée en vigueur de cette mesure, il s’est finalement avéré que les listes sont en totale déconnexion avec la réalité.

Même si Retailleau n’a pas désavoué ce texte poussé par son prédécesseur à Beauvau, il a sensiblement réduit son impact en révisant les listes des métiers concernés.

A titre d’exemple, le secteur du nettoyage ne fait pas partie des listes en ile de France, alors qu’il s’agit d’une véritable niche pour les travailleurs sans-papiers de cette région.

AES : « Plusieurs années » pour répondre à une demande de régularisation

Ce durcissement opéré par Retailleau n’a fait que compliquer davantage les procédures de régularisation au niveau des préfectures ou les délais d’instructions prennent parfois « plusieurs années », indique le média français.

A Seine-Saint-Denis, par exemple, plus de 20.000 demandes de régularisation sont actuellement en attente. Les services de l’Etat dans ce département ont pour objectif de finir cette année les demandes datant de 2022.

Dans le département des Hauts-de-Seine, il y a 30 000 demandes de titres, toutes catégories confondues, qui sont en attente d’instruction, fait savoir la même source.

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