La nouvelle annonce concernant le renouvellement à distance des passeports algériens pour les membres de la diaspora a été largement relayée, ce qui a visiblement suscité certaines incompréhensions et exagérations.
Il est à noter que la procédure n’est pas encore entrée en vigueur. Selon le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, la mesure sera appliquée à partir de la fin de ce mois de décembre 2025 ou du début de ce mois de janvier 2026. Aucune date officielle n’a été annoncée.
La mesure vise à faciliter la procédure de renouvellement de passeports pour les membres de la diaspora, notamment ceux qui habitent loin de leurs consulats, mais elle tend aussi à alléger la pression sur les services consulaires, qui sont souvent pris d’assaut à l’approche des périodes des vacances et de fêtes.
Mais au-delà de l’imminence de l’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure, le grand public ignore encore ses contours juridiques, sa véritable portée ainsi que les modalités concrètes de son application.
Renouvellement du passeport à distance : « Une mesure qui a suscité beaucoup d’espoir »
Le député des Algériens de France, Abdelouahab Yagoubi, vient de dévoiler certains éléments qui permettent de mieux comprendre cette nouvelle mesure et la procédure qui sera mise en place.
C’est suite à une réunion qui lui avait permis de rencontrer le Directeur général de la modernisation de la justice et son équipe, que le parlementaire a apporté quelques « clarifications fondamentales » concernant la nouvelle mesure sur sa page Facebook.
Yagoubi commence par noter que la nouvelle mesure a « suscité beaucoup d’espoir » au sein des membres de la communauté algérienne à l’étranger, tout en précisant qu’une mauvaise compréhension du sujet pouvait cependant mener à « une déception ou à un malentendu ».
Le parlementaire explique ainsi que cette mesure permettra bel et bien de déposer une demande de renouvellement en ligne, précisant toutefois que le demandeur ne pourra en aucun cas éviter le déplacement jusqu’à son consulat pour récupérer son passeport biométrique.
La présence de l’intéressé lors de la remise du passeport demeure obligatoire
« Oui, la demande de renouvellement pourra être déposée à distance, sans déplacement pour constituer le dossier. Mais non, cela ne signifie pas que la présence du titulaire ne sera plus requise lors du retrait du passeport », écrit le parlementaire.
Yagoubi explique que les choses ne peuvent pas se faire autrement, et « qu’il ne s’agit pas d’une simple règle administrative nationale, mais d’une exigence internationale de sûreté conditionnant la reconnaissance de nos passeports dans tous les aéroports du monde ».
En effet, étant membre de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), l’Algérie ne peut déroger à sa norme internationale impérative édictée par le document 9303 et imposant la présence de l’intéressé lors de la remise de son passeport biométrique.
Cette obligation de présence vise notamment « à vérifier les données biologiques du titulaire, la correspondance de ses empreintes digitales, la comparaison faciale directe avec la photographie ainsi que la validation des coordonnées vectorielles du visage et des empreintes », explique le parlementaire.
« Aucun État conforme aux normes de l’OACI ne peut légalement remettre un passeport biométrique sans la présence physique de son titulaire », assure le député qui souligne cependant que « la dématérialisation du dépôt de la demande constitue déjà une avancée réelle et utile ».
Procédure de renouvellement à distance du passeport : un premier pas été fait
En effet, si le déplacement pour la remise du passeport reste obligatoire, le déplacement pour déposer la demande de renouvellement ne le restera pas. Un premier pas dans ce sens a d’ailleurs été fait, dévoile le député.
Yagoubi révèle que les Algériens de l’étranger peuvent d’ores et déjà créer leurs comptes sur le site du ministère de l’Intérieur. C’est via ces comptes qu’ils vont pouvoir déposer leurs demandes en ligne de renouvellement de passeports biométriques. « Cette étape constitue le point de départ de la nouvelle procédure de renouvellement en ligne ».
Pour simplifier la compréhension de cette nouvelle procédure, le parlementaire la compare au « modèle français des démarches administratives dématérialisées porté par l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) ».
Ainsi, pour conclure, le député assure qu’un « travail de fond, sérieux et structuré, est mené », tout en précisant que « la présence lors du retrait demeure juridiquement et internationalement incontournable ». Il s’agit selon lui, d’une « réalité » qui doit être exposée « afin d’éviter toute déception ou tout malentendu lorsque cette nouvelle procédure entrera en vigueur ».
