Dans un contexte marqué par une pénurie de rendez-vous au niveau des consulats algériens à l’étranger, notamment en France, les demandeurs de renouvellement de passeport se divisent en deux catégories.
Il y a d’abord les Algériens binationaux qui bénéficient de la mesure leur permettant de rentrer en Algérie même avec un passeport algérien expiré, à condition de présenter un passeport étranger valide.
Cette mesure, initiée en mai 2024, a été reconduite jusqu’au 31 décembre 2025 puis jusqu’au 31 décembre 2026. Il s’agit d’une démarche visant à faciliter le déplacement des Algériens binationaux vers l’Algérie, mais aussi à désengorger les services consulaires.
Il y a ensuite les ressortissants algériens établis à l’étranger avec un titre de séjour ou une carte de résidence. Ces derniers ne peuvent se rendre en Algérie qu’avec un passeport algérien valide. Ils ont également besoin d’un passeport algérien valide pour renouveler leurs titres de séjour dans leur pays de résidence.
Voyage en Algérie sans passeport : l’appel d’un député de l’immigration
Le député des Algériens de France, Abdelouahab Yagoubi, fait ainsi remarquer que la mesure de voyage en Algérie sans passeport facilite les choses pour les Algériens binationaux mais laissent baigner les Algériens installés en tant qu’étrangers dans leur pays de résidence dans les mêmes difficultés.
« L’Algérie a reconduit la facilité permettant aux binationaux de voyager en Algérie avec leurs passeports étrangers et des documents algériens, même expirés, au même temps, de nombreux ressortissants algériens (résidant à l’étranger mais non binationaux) rencontrent de graves difficultés pour obtenir un rendez-vous consulaire… », fait remarquer le député de la diaspora.
Il s’agit pourtant d’une inégalité qui peut être corrigée avec un peu de sens de « solidarité » citoyenne, estime le député qui appelle ainsi les Algériens binationaux à céder leurs créneaux afin de désengorger les services des consulats, permettant ainsi à leurs concitoyens non binationaux de renouveler plus facilement leurs passeports.
« Par solidarité, j’appelle les binationaux à libérer, lorsque cela est possible, les créneaux de rendez-vous consulaires afin de permettre aux personnes sans alternative de pouvoir régulariser leurs situations », écrit le député qui souligne qu’il s’agit là « d’un geste simple pour éviter de lourdes conséquences humaines et administratives ».
