La loi de finances 2026, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier, contient plusieurs mesures concernant le transfert des devises par les voyageurs de et vers l’Algérie. L’une des dispositions concerne les opérations de change de devises effectuées en Algérie par les voyageurs non-résidents.
À l’entrée du territoire national, les membres de la diaspora algérienne et les touristes étrangers ramènent avec eux des sommes en devises pour couvrir leurs dépenses dans le pays.
Et pour les échanger contre le dinar algérien, il n’est un secret pour personne que ces voyageurs effectuent les opérations de change au marché parallèle des devises, profitant ainsi de l’écart avec le taux de change officiel en banque. Actuellement, cet écart dépasse les 80 %.
LF 2026 : ce qui change pour le voyage avec des devises de et vers l’Algérie
En vertu de la Loi de finances 2026, cette pratique pourrait être de l’histoire ancienne, puisque les voyageurs non-résidents (membres de la diaspora et touristes étrangers) seront appelés à justifier à la sortie du pays les opérations de change des sommes qu’ils ont déclarées à leur entrée.
Cette disposition est clairement stipulée dans l’article 129 de la nouvelle Loi de finances, qui vient modifier les dispositions de l’article 72 de la loi nᵒ 15-18 du 30 décembre 2015 portant Loi de finances pour 2016.
L’article dispose d’emblée que « tout voyageur est tenu de déclarer, auprès des services des douanes, à l’entrée comme à la sortie du territoire national, tous les montants dépassant le seuil de 1.000 euros ou son équivalent en d’autres devises ».
Cette obligation s’applique aux billets de banque, aux pièces de monnaie, à tous les moyens de paiement au porteur, aux effets de commerce, aux autres valeurs et titres de créance négociables au porteur ou endossables ainsi qu’aux métaux précieux et aux pierres précieuses.
Justificatif des opérations de change de la somme déclarée à l’entrée
L’article 129 de la LF 2026 dispose aussi qu’à la sortie du territoire national, « le voyageur non-résident est tenu de présenter aux services des douanes le justificatif des opérations de change, d’une partie ou de la totalité de la somme déclarée lors de son entrée audit territoire, effectuées durant son séjour en Algérie ».
Concrètement, la douane algérienne peut désormais réclamer, à la sortie du territoire national, des justificatifs de change des sommes transportées et déclarées par les voyageurs non-résidents (diaspora et étrangers) à l’entrée de l’Algérie.
Si le voyageur concerné effectue le change au marché parallèle, il ne pourra donc pas fournir un justificatif de change sur le circuit officiel. Cela sous-entend que les membres de la diaspora et les voyageurs étrangers sont théoriquement privés du marché noir.
Et selon la nouvelle réglementation, « tout contrevenant aux dispositions du présent article (129 de la Loi de finances 2026) est puni conformément à la législation en vigueur ». Cette fois, il ne s’agit pas d’une note de la Banque d’Algérie mais bien d’une loi votée par le Parlement et signée par le président de la République.
