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Après l’application de la nouvelle taxe pour les véhicules à la sortie de l’Algérie, y compris vers la Tunisie, un député tunisien propose des mesures de réciprocité envers les Algériens qui se rendent en Tunisie.

À la sortie du territoire national algérien, par voie terrestre ou maritime, tous les voyageurs véhiculés sont soumis à une nouvelle taxe sur la consommation des carburants (TCC), instaurée par la Loi de finances 2026, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier.

Un député tunisien propose de taxer les voyageurs algériens

Le montant de cette taxe s’applique sur l’ensemble des véhicules (de tourisme, utilitaires, autobus et camions) à la sortie du territoire national, avec un tarif progressif conformément au nombre de sorties effectuées par jour.

Pour les véhicules touristiques, le montant de la taxe sur la consommation du carburant est fixé à 1.000 dinars pour une sortie par jour, 5.000 dinars pour deux sorties, 10.000 dinars pour trois sorties et 25.000 dinars pour quatre sorties quotidiennes et plus.

Pour les autres véhicules, la taxe est fixée à 5.000 dinars par rotation pour les véhicules utilitaires et les camions de moins de 10 tonnes, et à 12.000 dinars par rotation pour les camions de plus de 10 tonnes et les autobus.

La taxe est appliquée à tous les automobilistes qui sortent du territoire national, y compris les étrangers. D’ailleurs, plusieurs voyageurs tunisiens véhiculés ont été surpris par cette nouvelle redevance, alors qu’ils tentaient de franchir la frontière vers leur pays.

Le député tunisien Hatem Lahouaoui, du gouvernorat de Jendouba, a en effet rapporté que de nombreux automobilistes tunisiens qui tentaient de rejoindre la Tunisie ont été bloqués à la frontière, d’autant qu’ils « n’avaient jamais entendu parler de cette mesure ».

« Nous allons adopter une mesure similaire dans le prochain projet de Loi de finances »

De plus, le parlementaire dénonce le fait que cette taxe est obligatoirement payable au niveau des bureaux des impôts, et non pas directement à la frontière. « S’il s’agit d’une mesure frontalière, elle doit être accomplie à la frontière », estime-t-il.

Pour sa part, le député et membre de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Mohamed Amine Ouerghi, a proposé d’imposer des mesures de réciprocité aux voyageurs algériens entrant et sortant de la Tunisie.

« Dans le cadre du respect du principe de la réciprocité et de la protection des droits des citoyens tunisiens, nous allons adopter une mesure similaire dans le prochain projet de Loi de finances », a écrit le député sur sa page Facebook.

Appelant les autorités algériennes à annuler la mesure obligeant les voyageurs tunisiens à s’acquitter de la taxe, il ajoute que « sa position est claire : protéger la souveraineté économique et l’équité entre les États, tout en veillant à préserver les relations fraternelles entre les deux peuples ».