Un élément de la Protection civile algérienne raconte la manière dont il est intervenu, avec une médecin, à bord d’un avion à destination de l’Algérie pour sauver la vie d’une passagère, victime d’un malaise respiratoire.
Intervenant dans l’émission Gyrophare du journal El Khabar diffusée ce vendredi 9 janvier, le lieutenant de la Protection civile, Khelifa Nadji, a affirmé que c’est la seule intervention qui lui reste en mémoire.
Ce professionnel des secours était à bord d’un vol en provenance d’Arabie saoudite vers l’Algérie. « À un moment, j’ai remarqué une agitation particulière dans l’avion. Puis j’ai entendu les hôtesses de l’air demander s’il y avait un médecin à bord », raconte-t-il.
« J’ai constaté que la patiente souffrait d’une insuffisance respiratoire aigüe »
L’incident est survenu à minuit et le vol était à une altitude d’environ 10.000 mètres, soit en altitude croisière. Une médecin installée dans les premiers sièges de l’appareil a proposé ses services. « J’ai par la suite appris qu’une passagère a été victime d’un malaise respiratoire », se souvient encore le pompier.
Poussé par son devoir moral, Khelifa Nadji s’est précipité au siège de la passagère malade, une personne âgée souffrant de plusieurs maladies, dont l’hypertension et le diabète. « Je me suis présenté et proposé mon aide », ajoute l’intervenant.
Toute contribution étant la bienvenue dans ces moments critiques en plein vol, le lieutenant de la Protection civile a immédiatement entamé les premiers secours. « J’ai constaté que la patiente souffrait d’une insuffisance respiratoire aiguë et les battements de son cœur étaient très faibles ».
Avec l’aide de la médecin, le pompier a placé la victime dans la position adéquate et a aussitôt commencé à prodiguer les gestes de réanimation, mais cela ne l’a pas aidée à retrouver un rythme normal de respiration, car elle n’avait pas pris ses médicaments la veille.
« Le pilote m’a demandé de prendre une décision définitive pour l’atterrissage d’urgence »
« Le copilote est sorti du cockpit et nous a demandé de prendre une décision pour un atterrissage d’urgence dans l’aéroport le plus proche. Dans un premier temps, j’ai suggéré de réduire l’altitude de l’appareil, en attendant une amélioration de l’état de la patiente ».
Lorsque l’avion est descendu à une altitude de 5.000 mètres, en prévision d’un éventuel atterrissage, l’état de la patiente s’est stabilisé. Après avoir repris conscience, la patiente a informé ses secours que ses médicaments se trouvaient dans ses bagages en soute.
« Le pilote m’a demandé une nouvelle fois de prendre une décision définitive pour l’atterrissage d’urgence. À ce moment, je l’ai informé que nous devions atterrir, car l’état de la patiente ne nous permettait pas de poursuivre le vol jusqu’en Algérie ».
L’équipage a dérouté le vol vers un aéroport en Grèce et la patiente a été prise en charge. Les passagers du vol ont lancé une petite collecte de fonds dans l’avion et ont pu récolter une somme pour prévenir d’éventuels frais médicaux.
« Quant à l’avion, il a repris le vol vers l’Algérie après une heure environ », témoigne encore l’intervenant, conseillant à tous les Algériens de se rapprocher des services de la Protection civile pour apprendre les gestes de premiers secours.
