Si le Québec continue d’attirer des milliers de travailleurs et d’étudiants algériens, les témoignages sur les réseaux sociaux se multiplient et viennent fissurer l’image idéalisée de cette région du Canada.
Ce vendredi 9 janvier, une étudiante algérienne installée au Québec publie un message alarmant sur le groupe Facebook « Les Algériens de Montréal ».
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Elle y décrit un quotidien marqué par la précarité et la solitude, et même la détresse psychologique. Et elle est loin d’être la seule victime du rêve montréalais.
Immigration au Québec : « Montréal est une ville morose… »
Dans sa publication sur le réseau social, la jeune algérienne qui s’est installée outre-Atlantique pour ses études décrit : « Montréal est une ville morose. Les gens ne se parlent pas, n’échangent pas… Les dépressions sont nombreuses chez le milieu étudiant » algérien.
L’étudiante évoque aussi « un silence total sur ces cas désespérés », ce qui la pousse à lancer un appel pour créer un groupe d’entraide. Elle va jusqu’à interpeller les parents des étudiants immigrés, restés en Algérie, afin qu’ils « sachent ce qu’endurent leurs enfants au Québec ».
La publication a rapidement provoqué une vague de réactions qui confirment ce que vivent de nombreux immigrants.
« Moi aussi je suis étudiant, je reste tout seul à Montréal. C’est vrai que je me sens mal », écrit un internaute sur le groupe Facebook. Un autre intervenant nuance : « D’après mon expérience personnelle, c’est surtout la solitude qui est la plus dure à supporter, surtout les premiers temps ».
Quand immigration rime avec désillusion
Plusieurs commentateurs pointent la pression financière, la routine études-travail, ainsi que l’isolement comme facteurs aggravants. Une réalité bien loin de l’eldorado nord-américain.
Certains tentent néanmoins de proposer des solutions concrètes : « Si vous êtes étudiant, il y a des services psychosociaux dans chaque établissement… Les consultations et le suivi sur la santé mentale sont gratuits ».
Des témoignages qui mettent en lumière un malaise généralement peu abordé. Pourtant, le Québec est la destination francophone préférée de la diaspora algérienne après la France, avec Montréal comme principale ville d’ancrage.
Chaque année, des milliers de jeunes y arrivent avec l’espoir d’intégrer le système universitaire ou de profiter des opportunités professionnelles. Leur immigration manque toutefois d’accompagnement, beaucoup finissent par s’installer sans vraiment s’intégrer.
