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De héros local à persona non grata en France. La vie de Yassine Ben Cheniti en France ressemble à des montagnes russes. Ce père de famille algérien a alterné plusieurs phases de séjour légal et de vie de sans-papiers.

Dans son quartier de Bellevue, à Saint-Étienne, Yassine était considéré comme un héros il y a quelques années. Cet algérien âgé actuellement de 43 ans avait sauvé une femme du suicide en 2019, alors qu’il était arrivé en France un an plutôt.

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Etant déjà sans-papiers à cette époque, cet Algérien s’attendait à un geste de la part de l’Etat pour récompenser sa bravoure, d’autant plus que son intervention lui a valu une blessure au dos et une opération au poignet, rapporte le média français Le Parisien ce dimanche.

Entre OQTF et récépissé, un séjour en dents de scie en France

 

Hélas, Yassine n’avait reçu que des récépissés d’une durée globale d’un an qui le maintiennent en situation plus ou moins légale de 2021 à 2022. Vient ensuite la fin brutale de ses espoirs quand il reçoit une première OQTF doublée d’une IRTF d’une durée de six mois.

Deux années après, la préfecture lui envoie un nouveau courrier confirmant l’OQTF. Mais au moment où Yassine croyait que tout était perdu, sa préfecture annule tout et lui délivre un nouveau récépissé en juin 2024.

Yassine trouve un travail en CDD dans le secteur du transport puis décroche un CDI chez Amazon comme chauffeur-livreur. Mais en février 2025, coup de théâtre : Yassine est de nouveau mis sous OQTF et IRTF d’une durée de 12 mois cette fois-ci.

« Pourquoi accepter que je travaille en France si ensuite ils décident de m’expulser ? », se demande Yassine qui ne sait plus quoi penser de la politique du service de l’Etat à son égard. Lui qui ne veut que vivre et travailler en France, on lui refuse toute stabilité.

Actuellement, Yassine vit en France avec sa femme et ses quatre enfants. Il ne veut pas retourner en Algérie, notamment parce que ses mioches « ne parlent pas mot d’arabe », fait savoir son épouse, Ouarda, ingénieure informaticienne qui ne peut cependant pas travailler en France faute de titre de séjour valable.

Trop de « liens personnels et culturels » avec l’Algérie

Le cas de Yassine est parvenu jusqu’au bureau du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, grâce à une lettre adressée au président Macron par deux bénévoles à la croix rouge et également amies du sans-papiers algérien.

Le ministre de l’Intérieur a même adressé un courrier à la préfète de la Loire, Muriel Nguyen, mais la Préfecture n’a déclenché aucune procédure pour régulariser la situation de Yassine et de sa famille.

Ce sans-papiers algérien a pourtant reçu en fin d’année dernière la médaille de bronze de la Croix-Rouge ainsi qu’un diplôme pour services rendus au sein de l’association d’aide humanitaire. Mais aux yeux de la préfecture, il ne peut pas être régularisé pour plusieurs raisons.

Il y a d’abord le fait que Yassine soit entré en France avec un visa Schengen espagnol, ce qui est visiblement considéré par le service de l’Etat comme un contournement de la procédure de visa pour entrer en France.

Mais ce qui empêche Yassine de décrocher un titre de séjour en France est surtout le fait d’avoir encore des « liens personnels et culturels » en Algérie où il avait vécu la majeure partie de sa vie, indique le média français.

La préfecture considère donc que Yassine peut très bien retourner vivre dans son pays d’origine. Lui estime plutôt que le refus de lui délivrer un titre de séjour découle de la crise diplomatique entre Paris et Alger.

 

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