'

Depuis le 1er janvier dernier, les demandeurs de titres de séjour pluriannuels et de nationalité française doivent se soumettre à un examen civique et un autre de langue française. Qu’en pensent les premiers candidats à ce nouveau test ?

Leurs impressions ont été recueillies par Le Courrier Picard. D’après les réponses, on constate qu’après avoir passé cet examen, certains candidats sortent stressés, d’autres amusés tandis que d’autres se plaignent de faire face à un niveau de difficulté trop élevé.

NOS VIDEOS 

L’examen civique est composé de 40 questions à choix multiples portant sur cinq thématiques, notamment sur l’histoire, la géographie, la culture ainsi que sur le système institutionnel et politique en France.

« Ce type de question est le plus difficile »

Mais ce sont les questions de mise en situation qui semblent poser la plus grande difficulté aux candidats. Chaque test contient 12 questions de ce type, ce qui complique davantage la tâche de s’installer légalement en France.

Les questions de mise en situation sont « les plus difficiles », confient les candidats au média français. Certains vont jusqu’à évoquer des questions « étranges ». C’est ce que dénonce un demandeur de carte de résident, qui est pourtant titulaire d’un bac +5.

Le candidat, cadre dans une grande banque en France, a notamment bloqué sur une question concernant la légalité de verser à une femme un salaire inférieur à celui de son collègue homme alors qu’ils ont tous les deux la même expérience et qu’ils viennent d’être recruté par la même entreprise.

Le candidat quitte le centre d’examen avec la peur au ventre. Il redoute d’échouer à ce test et de devoir le repasser encore une fois. Outre payer de nouveau 70 €, il risque de dépasser la date d’expiration de son titre de séjour temporaire.

« Attention aux questions pièges ! »

Une candidate libanaise à la naturalisation fustige quant à elle un niveau de difficulté trop élevé. Bien qu’elle ait réussi le test haut la main, elle souligne que l’examen est loin d’être une partie de plaisir pour tout le monde.

Elle met en garde contre des « questions pièges » mais explique surtout que pour réussir ce test il faut avoir un très bon niveau en langue française. Elle dénonce ainsi les deux poids deux mesures de l’administration qui a offert la nationalité française à l’acteur hollywoodien Georges Clooney alors qu’il avait admis être « toujours aussi mauvais » en français.

Leïla Marçot, directrice de Paroles voyageuses, une association de formation linguistique, explique quant à elle que le niveau de l’examen est « très élevé » pour les candidats à la naturalisation « peu scolarisés…, qui comprennent le français mais ne savent pas le lire ».

Ces candidats devront pourtant répondre à des questions du genre « à quel courant littéraire appartient Victor Hugo ». Il s’agit de questions « complètement déconnectées de la réalité. Y compris de nombreux Français ne savent pas y répondre », dénonce la militante. 

Categorized in:

Divers,

Tagged in: