Sur le papier, étudier en France est synonyme d’un avenir meilleur pour les étudiants étrangers. Mais pour certains, comme Abdelkader, un ressortissant algérien, ce rêve se transforme en véritable cauchemar à la fin du cursus universitaire.
Originaire de Mascara, au nord-ouest de l’Algérie, Abdelkader a quitté l’Algérie en 2010, pour poursuivre ses études à l’université Paul Verlaine de Metz, espérant une régularisation par le travail à la fin de son cursus universitaire.
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Diplômé, sérieux et travailleur, mais il n’arrive pas à décrocher un titre de séjour
Après avoir terminé ses études supérieures en France, ce jeune étudiant, pourtant sérieux, travailleur et doté d’un dossier solide, s’est vite retrouvé en situation irrégulière. À défaut d’un titre de séjour, il ne peut pas travailler.
Dans un reportage qui lui a été consacré par le média local Rue 89 Strasbourg, Abdelkader énumère toutes les démarches effectuées pour venir étudier en France ainsi que toutes les difficultés qu’il a rencontrées une fois arrivée à Metz.
« Mon père m’a prêté 1.500 euros qu’il avait réussi à économiser pour que je sois tranquille en arrivant. C’est parti en fumée en 2 mois, avec le loyer de ma chambre étudiante, ma caution, et l’inscription à l’université », se souvient-il.
Pour faire à ses multiples dépenses quotidiennes et mensuelles, il avait immédiatement cherché du travail. « Je ne dormais pas beaucoup, mais au moins j’avais le droit de travailler avec mon titre de séjour étudiant », dit-il.
À la fin de son cursus en 2025, la situation de ce diplômé en sciences de l’information et de la communication est devenue beaucoup plus compliquée. Ne pouvant pas travailler, faute de titre de séjour, sa vie a vite basculé dans la précarité.
« Je fais tout ce que je peux pour améliorer ma situation, mais finalement ça ne sert à rien »
Entre travail au noir et promesses non tenues de ses employeurs, Abdelkader peine à régulariser sa situation. Avec l’aide de la Cimade, il a pu déposer une première demande de titre de séjour. Mais en février 2016, la préfecture du Bas-Rhin ne valide pas son titre de séjour et lui assigne une OQTF.
Le ressortissant algérien dépose une requête devant le tribunal administratif de Strasbourg pour contester la décision. Le tribunal lui donne raison en juillet 2016, et demande au préfet de réexaminer son cas dans un délai de deux mois. La préfecture a encore rejeté sa demande, huit mois plus tard.
« Tous ces délais sont très difficiles à vivre. Je suis en suspens, je fais tout ce que je peux pour améliorer ma situation, mais finalement ça ne sert à rien », regrette-t-il. Et pour ne rien arranger à sa situation, il a des problèmes de santé à cause du stress liés notamment aux multiples refus de son titre de séjour.
Pour payer ses factures, Abdelkader continue à travailler au noir dans le bâtiment, fait du babysitting et du jardinage chez des particuliers, ce qui est loin d’être suffisant. D’ailleurs, en mars 2019, il est expulsé de son appartement avenue de Colmar.
« Tout ce que je demande, c’est l’autorisation de travailler »
Maintenant, l’Algérien espère être régularisé conformément à l’article L. 313-14 du Code du séjour des étrangers, d’autant qu’il justifie d’une présence de 10 ans sur le territoire français. Mais il se dit « au bord de la rupture », après « tant d’années à batailler » et la possibilité de « vivre simplement à portée de main ».
« Tout ce que je demande, c’est l’autorisation de travailler. Il n’y a aucune aide sociale pour les sans-papiers. Je suis condamné à vivre sans ressources, dans une précarité extrême, depuis 2015. Je n’en peux plus », se confie encore le ressortissant algérien.
Pour son avocat, Me Sébastien Dollé, « il n’y a pas grand-chose qui peut encore justifier un refus aujourd’hui. On croise les doigts pour que la préfecture accepte enfin de lui autoriser de vivre en France ».
