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Dans un entretien accordé, ce dimanche 8 février, à la presse quotidienne régionale en France, le premier ministre français, Sébastien Lecornu, a dévoilé sa feuille de route pour 2026 concernant divers sujets, notamment l’immigration.

Le responsable français a assuré que l’augmentation de la délivrance des titres de séjour en France ne devait pas être perçu comme étant un « tsunami migratoire », comme veulent le présenter certains partis d’extrême droite.

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Immigration : une stratégie propre à chaque pays

Mais ce n’est pas pour autant que le premier ministre veuille rester les bras ballants face à la hausse du nombre des étrangers en France. Il a en effet indiqué que son gouvernement est en train de mettre en place « une stratégie sur mesure, pays par pays, qui concerne les visas, les reconduites à la frontière et les laissez-passer consulaires ».

Le responsable a dévoilé que cette stratégie vise les 24 principales nationalités qui animent le flux migratoire en France, soulignant que la stratégie adoptée « unifie la doctrine de plusieurs ministères dont les affaires étrangères et l’Intérieur ».

Il est à noter que les Algériens constituent la première nationalité des étrangers en France. Leur entrée, séjour et travail en France sont régis par l’accord franco-algérien de 1968

Vers une renégociation de l’accord franco-algérien ?

Le gouvernement Lecornu prévoit-il donc de changer ce cadre juridique en adoptant une nouvelle « approche diplomatique » avec l’Algérie concernant les questions de visas et reconduites aux frontières ?

La réponse est oui, indique le Lecornu qui confie que son gouvernement à « un cap clair » concernant l’Algérie, notamment en ce qui concerne « la renégociation de l’accord de 1968 ». 

Le premier ministre français dit clairement que cet accord tel qu’il est aujourd’hui « ne correspond clairement plus à nos intérêts et il y a urgence à aboutir » à une renégociation.

Toujours concernant la volonté de la France de renégocier l’accord franco-algérien, Lecornu dévoile que le président Emmanuel Macron a décidé de « prendre plusieurs initiatives dans les prochaines semaines pour que nous ayons des résultats concrets ».

Titres de séjour : vers une procédure encore plus dématérialisée

En ce qui concerne les étrangers établis en France, le premier ministre confirme qu’il y a un véritable problème en ce qui concerne le traitement des demandes de titres de séjour vu que les préfectures sont débordées. Mais au lieu de renforcer les effectifs, il semble vouloir miser davantage sur la procédure dématérialisée.

Pour Lecornu, le système informatique utilisé actuellement par les services des étrangers « s’apparente encore à une forme de préhistoire numérique ». Le premier ministre dévoile qu’il a déjà enjoint au ministère de l’Intérieur de mettre en place « une application d’intelligence artificielle pour accélérer le traitement des visas et soulager le travail de nos agents ».

« Il faut pouvoir accepter ou refuser plus vite les demandes, c’est la clé », estime donc le premier ministre français, et ce, alors que plusieurs critiques ciblent déjà la procédure dématérialisée qui déshumanise les demandeurs et les confronte à un véritable mur numérique.

Sans-papiers : vers un durcissement concernant l’AME ?

En ce qui concerne les sans-papiers, le premier ministre estime que l’AME (Aide Médicale aux Etrangers), qui permet l’accès aux services médicaux à certains étrangers en situation irrégulière, est « absolument indispensable d’un point de vue sanitaire », assurant qu’il faudra « la conserver », mais aussi « la réformer ».   

Que va-t-il changer ? Le responsable ne dévoile pas les détails et se contente de souligner qu’il a signé deux nouveaux décrets qui vont paraître ce dimanche au journal officiel.

Il souligne que le premier décret « renforce la lutte contre la fraude », visant à faire gagner à l’État 180 million d’euros d’économie, tandis que le deuxième « modernise les systèmes informatiques de l’État ».

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