L’Algérie a engagé les procédures de dénonciation de la convention relative aux services aériens conclue avec les Émirats arabes unis. Cette décision suscite déjà des inquiétudes au Maroc. Voici pourquoi.
Suivant la procédure, dans le strict respect du droit international, l’Algérie a évoqué dans sa démarche les dispositions de l’article 22 de ladite convention.
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En vertu de cet article, la dénonciation doit être notifiée par les voies diplomatiques à la partie contractante émiratie, avec notification simultanée au secrétaire général de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) pour l’accomplissement des formalités requises.
Quel impact sur les vols entre les Émirats et le Maroc ?
En vertu de la convention, qui est encore en vigueur à l’heure qu’il est, les deux pays s’engagent à s’accorder mutuellement des « droits spécifiques » afin de permettre à leurs compagnies aériennes respectives d’exploiter « les services convenus ».
Il s’agit notamment du droit de survoler le territoire de l’autre partie contractante sans y atterrir et du droit d’effectuer des escales lors de l’exploitation des services aériens internationaux, dans le but d’embarquer et/ou de débarquer un trafic international de passagers, de bagages et de marchandise…
La démarche de l’Algérie devrait mettre définitivement fin à cet accord d’ici un an et à l’ensemble de ses dispositions, y compris le droit de survol automatique de son territoire sans y atterrir par les compagnies aériennes des Émirats arabes unis.
Une fois l’annulation de l’accord est actée, les liaisons directes entre ce pays du Golfe et le Maroc, assurées par les compagnies émiraties (Emirates et Etihad notamment) pourraient être contraintes de contourner l’espace aérien algérien. C’est le cas actuellement des avions marocains interdits de survol du ciel algérien.
Les avions émiratis assurant la liaison vers le Maroc pourraient être concernés
Le média marocain en ligne Bladi rapporte ce dimanche 8 février que la « décision diplomatique majeure de l’Algérie menace les liaisons directes et contraint certains vols entre le Maroc et le Golfe à contourner l’espace aérien algérien ».
Les compagnies des Émirats arabes unis, telles que Emirates assurant la liaison Dubaï – Casablanca, « devront modifier leurs plans de vol pour éviter le territoire algérien, allongeant ainsi la durée des trajets vers l’Afrique du Nord », note la même source. Ce qui serait un coup dur pour le tourisme marocain.
Mais l’annulation de la convention n’est pas pour aujourd’hui, car en cas de dénonciation de l’accord par l’une des parties, « la convention prend fin douze mois après la date de réception de la notification par l’autre partie contractante », dispose l’article 22 de l’accord.
