L’appel lancé par le président de la République Abdelmadjid Tebboune aux jeunes Algériens se trouvant à l’étranger en situation précaire et irrégulière semble avoir trouvé l’écho escompté.
Selon ce qu’a rapporté ce mardi 10 février le journal arabophone El Khabar, citant des sources concordantes, les consulats d’Algérie dans plusieurs pays européens ainsi qu’en Tunisie et au Canada connaissent une affluence inhabituelle ces derniers jours.
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« Une affluence inhabituelle dans les consulats d’Algérie à l’étranger »
À l’issue du conseil des ministres du 11 janvier dernier, le président Tebboune a décidé de régulariser la situation vis-à-vis de la justice algérienne des jeunes Algériens, se trouvant à l’étranger dans la précarité et sans papiers.
Cette mesure concerne les citoyens qui n’ont commis que des infractions légères, « comme la crainte d’une simple convocation par la police ou la Gendarmerie nationale pour être entendus sur des faits liés à l’ordre public ou d’autres motifs similaires », a précisé le communiqué du conseil des ministres.
La mesure exclut les auteurs de crimes de sang, de trafic de drogue, de trafic d’armes, ainsi que toute personne ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à l’Algérie.
La mise en œuvre des procédures liées à cette décision est assurée par les consulats d’Algérie à l’étranger jusqu’au retour des personnes concernées dans le pays. Les procédures de régularisation sont déjà lancées au niveau des représentations consulaires.
Voici les principaux cas qui sollicitent la procédure de régularisation
D’ailleurs, de nombreux consulats d’Algérie en Europe, en Tunisie ou encore au Canada, « connaissent actuellement une affluence inhabituelle » par des Algériens « repris de justice ou opposants » souhaitant bénéficier de la mesure de régularisation, selon El Khabar.
Des sources bien informées proches des consulats et des militants de la diaspora dans des pays européens, cités par le journal, indiquent avoir constaté l’arrivée de nombreux cas ayant répondu à cette initiative, et ce, malgré des craintes d’être exclues de ce processus.
Parmi ces cas, on trouve des citoyens qui ont quitté le pays dans l’espoir d’améliorer leur situation sociale à l’étranger, en émigrant de manière irrégulière, et qui ont eu recours à des procédures douteuses pour régulariser leur séjour dans les pays européens, ce qui a compliqué leur situation vis-à-vis de leur pays d’origine.
Certains d’entre eux se sont affiliés à des « mouvements séparatistes et à caractère politique », dans l’espoir de bénéficier du « droit d’asile politique » pour régulariser leur situation et s’installer dans les pays d’accueil.
Certains cas ont mandaté des avocats pour obtenir les formulaires nécessaires
Les données rapportées ont confirmé qu’une partie importante de ces cas ont été facilement recrutés pour rejoindre ces entités, en échange de cartes les aidant à préparer leur dossier de demande d’asile, même s’ils n’ont aucun lien avec les tendances de ces organisations.
Par crainte de ne pas ouvrir droit aux mesures de régularisation et d’être ainsi arrêtés au niveau des consulats, certains cas ont mandaté des avocats pour obtenir les formulaires nécessaires à la procédure, selon la même source.
Cependant, les autorités consulaires ont refusé cette méthode et ont envoyé des messages rassurants par les voies officielles, ainsi que par l’intermédiaire d’associations et de militants de la diaspora, à l’adresse des ressortissants qui remplissent les conditions de régularisation.
