En Algérie, pour déposer un dossier de demande d’un visa Schengen, il faut d’abord payer le prix cher rien que pour décrocher un simple rendez-vous.
Que ce soit pour la France ou pour l’Espagne, les deux principales destinations des Algériens en Europe, les rendez-vous sont introuvables sur les plateformes des prestataires officiels, et se concentrent entre les mains des intermédiaires.
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Aussitôt proposés sur les sites de Capago Algérie ou de BLS International, les rendez-vous disparaissent en l’espace de quelques secondes. Dans le même temps, des annonces pullulent sur les réseaux sociaux, faites par des personnes qui proposent ces mêmes rendez-vous à des prix exorbitants, dépassant les 500 € !
Mais comment ces créneaux se retrouvent en si peu de temps chez les intermédiaires alors que les demandeurs n’arrivent pas à les décrocher ? Selon un propriétaire d’une agence de voyage, filmée par la caméra cachée de Chourouk TV, le secret réside dans des logiciels spéciaux qui permettent de capter les rendez-vous aussitôt mis sur le site.
Visa Schengen : un boot qui aspire les rendez-vous
« C’est parce qu’ils ont le boot ! », lâche comme une évidence le propriétaire de cette agence de voyage, expliquant que « ce boot coûte cher » et que les gens qui le possèdent en Algérie se comptent sur les doigts de la main.
Le même intervenant explique ensuite que les rendez-vous actuellement sont quasi-indisponibles, à cause du phénomène de l’escroquerie qui n’est jamais loin quand on parle de marché noir. « Les rendez-vous sont rares et chers et les escrocs sont partout », a-t-il assuré, dévoilant qu’il y a des rendez-vous qui se vendent à 250.000 DZD.
Il explique que ces escrocs peuvent refourguer aux demandeurs, mais aussi aux agences de voyages, de « faux rendez-vous ». « Toi tu lui donnes l’argent, lui il te donne un rendez-vous, mais quand tu découvres qu’il s’agit d’un faux rendez-vous, il a déjà disparu ».
Des rendez-vous à près de 900 €
Amine Souissi, expert dans la sécurité cybernétique et informatique, explique que chaque service qui connaît trop de demande sera ciblé par les courtiers et les intermédiaires, notamment si ce service n’est pas assez sécurisé.
Le spécialiste dévoile d’ailleurs qu’il y a des rendez-vous pour le dépôt de dossier de visa vers certains pays européens qui se vendent désormais par les intermédiaires en Algérie à plus de 200.000 ou de 250.000 DZD (près de 900 €).
Alors que leurs rendez-vous connaissent une véritable pénurie, Capago International ainsi que BLS International, multiplient les campagnes de sensibilisation contre la fraude et les arnaques liées aux visas.
Une démarche louable certes, mais qui ne règle nullement le problème des demandeurs qui ne savent plus quoi faire pour décrocher un simple rendez-vous pour demander un visa en France ou en Espagne.