L’Italie prévoit d’opérer un énième durcissement de sa politique migratoire à travers un nouveau projet de loi de 17 articles qui sera prochainement débattu au Parlement.
Ce projet de loi, présenté, mercredi 11 février, par le ministère italien de l’Intérieur, touche à plusieurs points concernant les étrangers, notamment le regroupement familial, les éloignements mais aussi les migrants clandestins.
Durcir le regroupement familial et faciliter les expulsions
L’Italie compte ainsi durcir sensiblement sa politique de regroupement familial à travers ce nouveau projet de loi. Ce dernier « restreint le recours au regroupement familial en redéfinissant la notion d’existence de liens familiaux », rapporte le journal français Le Figaro.
Les étrangers qui comptent également décrocher la protection spéciale, un titre de séjour qui permet de travailler, verront également les conditions sensiblement durcies.
Il leur faudra en effet une résidence légale d’au moins 5 ans en Italie, maîtriser la langue italienne et avoir un logement et des ressources financières qui répondent aux normes exigées lors d’un regroupement familial.
Si ce projet de loi est adopté, les éloignements et les expulsions du territoire italien seront également plus faciles. Dans le cas où un étranger est condamné pour violence, menace à l’encontre d’un agent public, ou pour révolte au sein des centres de détention pour étrangers (CPR), l’expulsion se retrouve facilitée, fait savoir la même source.
Il se peut que ces facilitations d’expulsion du territoire italien par les juges soient étendues aux « personnes qui vivent en Italie depuis toujours avec un permis de séjour », indique le Figaro.
Un « blocus naval » contre les migrants clandestins
Par ailleurs, une des mesures phares de ce projet de loi est celle qui vise à empêcher les embarcations des migrants clandestins, ainsi que celles des associations qui leur portent habituellement secours, d’entrer dans les eaux territoriales italiennes.
Il s’agit d’un « blocus naval », souligne Le Figaro qui explique que cette mesure prévoit d’instaurer une interdiction de 30 jours, ou plus, prolongeables pour six mois, de la traversée des eaux territoriales pour les embarcations en raison « de risque terroriste ou d’infiltration, en cas de pression migratoire exceptionnelle, d’urgence sanitaire et d’événements internationaux ».
En cas de violation de ce blocus, une amende allant de 10.000 à 15.000 € sera instaurée. En cas de récidive, l’embarcation sera saisie. Concernant les migrants à bord, le projet de loi prévoit de les envoyer dans des centres en Albanie, indique le Figaro.
