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Fin janvier dernier, l’Espagne a annoncé qu’elle allait accordait des titres de séjour aux travailleurs sans-papiers présents sur son territoire depuis au moins 5 mois à la date du 31 décembre 2025.

Le nombre de travailleurs sans-papiers qui seraient concernés par cette procédure a été estimé par le gouvernement espagnol à environ 500.000 personnes. Mais il se peut que ce chiffre aille bien au-delà des prévisions des autorités espagnoles ?

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Une « analyse des risques » interne du Centre national de l’immigration et des frontières (CNIF) de la Police national a d’ailleurs l’effet d’une bombe en Espagne en estimant que ce nombre va dépasser la barre des 1 million de sans-papiers.

Régularisation des sans-papiers en Espagne : l’alerte de la police espagnole

Cette analyse, qui a fuité ce 16 février dans le média espagnol El Confidenial, indique que le nombre de sans-papiers susceptibles d’être régularisés grâce à la dernière mesure du gouvernement pourrait varier entre 1 et 1,35 million.

Le nombre initial pourrait donc presque tripler si l’on se fie à ce rapport de la police espagnole qui se base sur plusieurs arguments, notamment sur le fait que 250.000 à 350.000 demandeurs d’asile viendront s’ajouter aux 750 000 à 1 million d’étrangers en situation irrégulière pour demander la régularisation en Espagne.

Le rapport explique que les demandeurs d’asile seront éligible vu que le décret gouvernemental permet à toute personne ayant introduit une demande de protection internationale avant le 31 décembre 2026 de changer de statut.

De plus, la police espagnole s’inquiète de « l’appel d’air » que pourrait causer la régularisation des étrangers déjà présents de manière irrégulière sur le sol espagnol, ce qui pourrait attirer d’autres sans-papiers qui sont établis dans d’autres pays de l’Union Européenne.  

Selon ce rapport, l’Espagne sera considérée comme étant le pays Schengen « le plus permissif », ce qui pourrait attirer entre 200.000 à 250.000 migrants irréguliers par an en provenance d’autres pays de l’UE, ou les politiques migratoires sont souvent plus sévères.

Souplesse administrative et fraude aux documents

Cette volonté de régularisation pourrait aussi faire de l’Espagne une destination encore plus prisée par les migrants clandestins qui traversent la Méditerranée, augmentant les arrivées par la mer de 6 000 à 12 000 chaque année.

La police espagnole s’inquiète aussi de la « souplesse » des critères de documentation, en exigeant notamment une simple déclaration sur l’honneur au lieu d’un casier judiciaire délivré par le pays d’origine. Une démarche qui pourra porter le taux d’approbation des demandes à 100 %, ce qui ne manquera pas de faire grimper le nombre des régularisations.

Les forces de l’ordre alertent également dans leur rapport sur la fraude aux documents qui pourrait être adoptée comme une voie de régularisation par certains sans-papiers qui ne rempliraient pas toutes les conditions, notamment celle de la durée de séjour exigée. La police a même souligné que les déclarations de perte de passeports ont bondi de 60 % depuis l’annonce du gouvernement.

De son côté, le gouvernement espagnol ne semble pas inquiet face à ces prévisions, rappelant que la période de dépôt des dossiers, qui sera lancée le 1er avril, ne va durer que jusqu’au 30 juin. Un délai de trois mois qui « élimine tout facteur d’attraction », estime le gouvernement socialiste.

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