Leur projet de vie au Canada s’est transformé en parcours du combattant, voire en cauchemar. Arrivés à Sherbrooke, Québec, à l’été 2025, Sarah et Hamza Chaoui ne s’attendaient pas à vivre une telle épreuve. Depuis plusieurs mois, leur plus jeune fils, âgé de 16 mois, est coincé en Algérie en raison d’une impasse administrative liée au changement de la politique d’immigration au Canada.
En février 2026, rien n’a changé : leur dossier d’immigration est suspendu, les demandes de visas pour leur bébé refusées, et la famille peine à se réunir.
C’est en 2024 que le couple algérien et leur fils aîné obtiennent leur Certificat de sélection du Québec (CSQ), document indispensable pour entamer une demande de résidence permanente, relate le média canadien TVA Nouvelles.
Un gel administratif au Canada les sépare de leur bébé
Au même moment, Sarah apprend qu’elle est enceinte de leur deuxième enfant, qui naît en Algérie en octobre 2024, pile au moment où le Québec annonce le gel des nouvelles demandes de CSQ jusqu’au printemps suivant.
Autrement dit, le nouveau-né ne peut pas être ajouté au dossier familial. La famille algérienne se retrouve face à un dilemme : partir sans le bébé ou retarder son installation outre-Atlantique.
« On allait tout laisser tomber et c’est à ce moment-là que ma famille m’a dit : « Mais non, il est entre de bonnes mains, ne t’inquiète pas » », raconte Sarah Chaoui.
Le couple va finalement s’installer à Sherbrooke en juillet 2025, laissant leur bébé aux soins de proches en Algérie. Depuis, ils le retrouvent en visioconférence, et Sarah multiplie les allers-retours vers l’Algérie pour voir son cadet.
« Quand je suis absente, tous les jours, il est avec une nouvelle personne. Quand maman est avec lui, c’est OK, il s’est quand même habitué à être avec eux, mais c’est quand même perturbant pour un petit de ne pas voir sa mère, de ne pas voir son père, ensuite de les revoir », regrette la maman.
« S’ils refusent un seul membre de notre famille, ils nous refusent tous »
Pour tenter de réunir leur famille, les parents ont déposé deux demandes de visa touristique pour leur bébé de 16 mois, mais elles ont été refusées.
Pour justifier ces refus, les autorités canadiennes invoquent le risque que l’enfant ne retourne pas en Algérie et se retrouve en situation irrégulière.
Hamza Chaoui déclare : « On a tout simplement demandé au Canada de ramener notre fils temporairement, qui est, je pense, un droit pour un enfant d’être avec ses parents ».
La famille algérienne a même entamé une demande de parrainage, une procédure qui peut prendre encore plusieurs mois. Pendant ce temps, l’enfant reste séparé de sa famille.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large. Ces derniers mois, les autorités canadiennes ont serré plusieurs volets de leur politique migratoire. Résultat : des délais accrus et davantage de refus.
De plus en plus d’immigrants dénoncent des démarches administratives semées d’embûches.
Pour Sarah et Hamza, l’idée de renoncer à leur installation au Canada fait désormais partie des discussions : « On en parle très souvent. Il n’y a pas plus chère que notre famille réunie. S’ils refusent un seul membre de notre famille, ils nous refusent tous ».
