La compagnie aérienne nationale Air Algérie mène une offensive sans précédent sur le marché africain, en multipliant les ouvertures de nouvelles liaisons et en proposant des tarifs imbattables sur des lignes en escale via l’aéroport international d’Alger, au départ d’Europe et d’Asie.
Si Air Algérie mise sur le continent africain, ce n’est pas uniquement pour des raisons géopolitiques. C’est aussi et surtout pour le grand potentiel de ce marché.
Dans un entretien accordé début décembre à l’APS, le PDG d’Air Algérie, Hamza Benhamouda, a assuré que le pavillon national a mis en place une ambitieuse stratégie africaine basée sur trois axes.
Pourquoi le marché africain est-il si important sur le plan commercial ?
Il s’agit en premier lieu de capitaliser sur les dessertes historiques comme Dakar, Abidjan, Nouakchott, Niamey et Ouagadougou. Ensuite de mailler le réseau régional via Libreville, Cotonou et Conakry et développer les dessertes internationales, avec la relance de Johannesburg et le développement des lignes vers Addis-Abeba, Lagos et Accra.
Dans la foulée des nouvelles liaisons lancées sur ce marché, Air Algérie a également obtenu le droit de la cinquième liberté au Cameroun, au Nigeria et au Tchad, ce qui lui a permis d’opérer ses premières lignes intra-africaines : Douala-Abuja-Douala et Douala-N’Djamena-Douala.
La dernière nouveauté d’Air Algérie sur le marché africain remonte au début du mois de février en cours, avec la reprise de la ligne Alger – Johannesburg, une démarche qui intervient en réponse à la demande croissante pour les destinations à fort potentiel dans la région.
Cette dynamique obéit à une logique purement commerciale. Le marché africain est, en effet, en croissance constante, offrant ainsi aux compagnies aériennes une destination très rentable à court et à long terme.
Une concurrence féroce est menée en coulisse par les compagnies aériennes, même étrangères. En plus des opérateurs africains de premier plan, Air Algérie est également en concurrence avec d’autres compagnies étrangères, à leur tête Air France.
L’énorme potentiel économique et commercial du marché aérien africain
Citée vendredi 20 février par le journal Le Monde, Anne Rigail, directrice générale d’Air France, indique que l’Afrique pèse désormais lourd dans le chiffre d’affaires de la compagnie aérienne française, avec environ 20 %, alors que « la part de sièges offerts vers l’Afrique ne représente que 15 % de la totalité des sièges proposés par la compagnie ». Autrement dit, c’est une destination rentable.
La responsable d’Air France souligne que la dynamique africaine ne faiblit pas, bien au contraire, elle réclame de plus en plus de capacités. Pour preuve, « alors que la croissance de l’offre de sièges est de 3 % sur le réseau long-courrier d’Air France, elle est de 6 % en Afrique », détaille la même intervenante.
Air Algérie, qui continue de déployer ses ailes sur ce marché qui lui revient de droit, ne compte pas se laisser faire. Sa stratégie en Afrique, menée en parallèle avec le renforcement de sa flotte long-courrier, avec l’acquisition d’Airbus A330neo flambants neufs, en est le parfait exemple. Alors que le marché européen montre des signes de saturation, l’Afrique constitue un relais de croissance non-négligeable pour la compagnie aérienne algérienne.
L’emplacement stratégique de sa base à l’aéroport d’Alger, positionnée comme hub naturel reliant l’Afrique au reste du monde, est un atout non négligeable dans cette stratégie. Ces dernières années, les autorités algériennes se sont d’ailleurs sérieusement penchées sur l’objectif de faire de cette plateforme un hub du transport aérien international.
