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Renouveler son titre de séjour en France est devenu une démarche risquée. De plus en plus de demandeurs font face à des retards, voire à des refus, même lorsqu’ils sont établis depuis plusieurs années dans l’Hexagone.

Laounia, une ressortissante algérienne qui vit en France depuis plus de 24 ans, peine à renouveler son titre de séjour de 10 ans. Malgré un dossier complet et une demande de renouvellement déposée à temps dans sa préfecture, cette mère de famille s’est retrouvée en situation irrégulière, relate le journal La Provence dans son édition de ce mercredi 25 février.

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Maman de cinq enfants, tous nés en France, la ressortissante algérienne établie à Aubagne, à Marseille, a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour le 18 novembre dernier auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Mère de 5 enfants, privée de ses droits

Au 18 février dernier, le service de l’Etat n’avait donné aucune réponse à sa requête. La demandeuse, devenue sans-papiers, a perdu peu à peu ses droits, fait savoir La Provence qui précise que cette Algérienne a été d’abord privée des allocations familiales (CAF) puis de l’Allocation spécifique de solidarité (ASS).

Faute de titre de séjour, Laounia a été également privée de son travail comme auxiliaire de vie dans une maison de retraite. Sans boulot et sans revenus, cette Algérienne a vu ses petites économies fondre comme neige sous soleil.

Elle confie au journal français qu’elle est dans l’incapacité de payer ses factures et qu’elle risque de ne pas pouvoir payer son prochain loyer. Cette maman de 5 enfants dévoile qu’une assistante sociale lui a même conseillé de travailler au noir.

À cause des retards de sa préfecture, Laounia risque ainsi de perdre non seulement son logement, mais aussi la garde de ses enfants, alors qu’elle était titulaire d’un titre de séjour de 10 ans il y a seulement quelques semaines.

« J’ai honte » : elle est obligée de se nourrir au Restos du Cœur

Pour manger, elle et ses enfants, cette ressortissante algérienne est obligée de se rendre dans les restos du cœur. « J’ai honte », a-t-elle confié, précisant qu’elle a relancé sa préfecture à plusieurs reprises, en vain.

Contactée par le média français, la préfecture n’a pas répondu. Cela dit, quatre jours plus tard, Laounia a reçu une prolongation d’autorisation de séjour de trois mois. Un document provisoire qui lui permet de souffler un peu.

Il est à noter que le cas de cette ressortissante algérienne est loin d’être le seul. La préfecture des Bouches-du-Rhône a été interpellée par la Cimade pour cause des « délais excessifs de renouvellement des titres de séjour » qui font que des « dizaines de personnes…  avaient perdu leur emploi ou leurs droits sociaux ».

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