Après l’annonce par l’Espagne, fin janvier dernier, d’un projet de régularisation de plus de 500.000 sans-papiers, des images montrant des migrants clandestins déguisés en mouton ont fait le tour de la Toile.
En légende de ces photos, on explique que ces migrants se sont déguisés en moutons pour se fondre dans un troupeau et pouvoir embarquer incognito vers l’Espagne. Les publications indiquent aussi que les images ont été prises en Algérie.
Selon ces posts, qui ont été largement partagés en cette fin de mois de février 2026 sur les différents réseaux sociaux, il s’agirait de migrants nigérians qui tentaient de passer vers l’Espagne mais qui ont été arrêtés par la police en Algérie.
Sur les images, on distingue trois individus déguisés en moutons, debout sur certaines photos et à genoux sur d’autres. En arrière-plan, on perçoit un camion de transport de bétail, ce qui laisse penser que la police les a débarqués de ce véhicule.
Une fake news qui a fait le tour des réseaux sociaux
« La police algérienne a interpellé trois hommes déguisés en moutons et cachés dans un camion transportant du bétail alors qu’ils tentaient de passer en Espagne », indique Direct Niger, qui se présente comme un journal en ligne. L’information a été relayée par de nombreuses pages Facebook et chaîne TikTok.
Mais est-ce vrai ? Pas le moins du monde, assure l’AFP qui a consacré un article de fact-cheking à ce sujet ce mercredi 4 mars. L’Agence de presse française affirme qu’il s’agissait d’images générées par l’Intelligence artificielle, ce que confirment plusieurs éléments.
D’abord, il y a les indices visuels, des doigts qui manquent aux mains des policiers, des uniformes officiels tantôt verts et tantôt bleus, ainsi que le mot police sur l’une des voitures, écrit dans une langue inconnue.
Il y a ensuite le fait que l’Algérie ne dispose pas de frontières terrestres avec l’Espagne, ce qui fait que toute l’histoire ne tient pas la route. L’Algérie n’exporte pas non plus des moutons vers l’Europe, mais bien au contraire, elle en importe.
L’AFP indique qu’elle avait soumis les images à des outils de détection de IA qui ont montré que la probabilité que ces photos soient « fabriquées » est de 99 %. L’agence de presse française ajoute enfin qu’aucun média algérien crédible n’avait corroboré les arrestations présumées.
