Même avec la nationalité canadienne, une Algérienne installée au Québec depuis 26 ans s’est retrouvée privée de son poste de travail en tant qu’éducatrice dans une école primaire, et ce, juste parce qu’elle porte le voile.
Karima Ben Zaid a quitté l’Algérie en 2000. Elle confie qu’en arrivant au Canada, « elle a tout laissé derrière elle, sa famille, ses amis ainsi que ses qualifications professionnelles ».
« J’ai tout recommencé à zéro », relate cette Algéro-Canadienne dans un témoignage livré à la Colline du Parlement québécois, avec plusieurs autres femmes québécoises qui ont perdu leur emploi à cause de la Loi 94, rapporte le Conseil National des Musulmans Canadiens (CNMC).
Après un parcours irréprochable au Québec qui l’avait conduit à devenir éducatrice dans une école primaire en 2022, cette Algérienne s’est retrouvée dans une situation à laquelle elle ne s’y attendait pas.
Québec : enlever le voile ou perdre son travail
« Le 11 décembre dernier, la Loi 94 est venue m’imposer le cruel ultimatum qu’elle impose à plein d’autres Québécoises : choisir entre ma conviction personnelle et mon gagne-pain, choisir entre comment je veux m’habiller et comment le gouvernement veut que je m’habille », a-t-elle expliqué.
A travers la Loi 94, le gouvernement québécois lutte contre tous les signes religieux, notamment dans le milieu scolaire. Etant une femme voilée, Karima Ben Zaid avait donc le choix entre abandonner son voile ou quitter son poste.
« J’ai refusé ce faux choix et cela m’avait coûté mon travail », dévoile cette Algérienne qui souligne qu’après tant d’années d’études et de sacrifices au Québec, tout s’est finalement effondré ». « Je me sens humiliée et effacée », a-t-elle ajouté.
Cette Algéro-Canadienne dénonce vivement la réaction du Bernard Drainville, ex-ministre de l’éducation et auteur de cette loi qui a déclaré que les femmes qui se sont retrouvées au chômage à cause de cette loi « ont choisi de perdre leur emploi ». « Je n’en reviens tout simplement pas », a-t-elle noté.
« La Loi 94 ne m’a libéré de rien »
Elle a également réagi aux propos du ministre de la laïcité qui avait déclaré que la loi 94 pourrait libérer certaines femmes de leurs voiles. « La Loi 94 ne m’a libéré de rien, elle m’a plongée dans la détresse et dans la précarité financière et aujourd’hui je dépends entièrement de mon mari », estime Karima.
Elle assure que « son portefeuille souffre certes, mais que ce n’était rien face à ce qu’elle traverse sur le plan humain ». Elle assure pourtant que « les enfants, les parents et les collègues sont tous d’accord que son voile n’a jamais posé problème et que son absence se fait fortement sentir à l’école ».
Pour cette Algérienne vivant au Québec, cette législation « brise des vies ». Elle estime qu’être citoyen québécois aujourd’hui s’éloigne du principe d’avoir des droits et des devoirs. « Cela ne veut plus rien dire », a-t-elle déploré.
