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Le procès du crash d’un avion appartenant à la compagnie espagnole Swiftair en 2014 s’ouvre ce lundi 9 mars au tribunal correctionnel de Paris, en France.

Le 24 juillet 2014, un avion McDonnell Douglas MD-83, affrété par Air Algérie auprès de la compagnie Swiftair, effectuant le vol AH 5017 entre Ouagadougou et Alger, s’est écrasé au nord du Mali. Le bilan des victimes était très lourd.

Tous les occupants de l’avion ont en effet perdu la vie dans ce tragique accident : 54 passagers français, 23 Burkinabè, des Libanais, des Algériens et six membres d’équipage, tous espagnols.

Que s’est-il exactement passé dans cette nuit du 24 juillet 2014

L’avion a été affrété à Air Algérie dans le cadre d’un contrat ACMI (avion, équipage, maintenance et assurance), ce qui signifie que la compagnie espagnole assumait toutes les opérations liées à l’exploitation de l’appareil.

Près de douze ans après le drame, le procès de Swiftair pour « homicide involontaire » s’ouvre ce lundi 9 mars pour quatre semaines devant le tribunal correctionnel de Paris, rapportent les médias français.

Selon des éléments de l’enquête, rapportés par France 24, alors que l’appareil traversait une zone orageuse en pleine nuit, le système d’antigivrage n’a pas été activé, ce qui a conduit à la formation de cristaux de glace dans des capteurs de pression.

Cette situation a entraîné la décélération automatique des moteurs, sans réaction appropriée de l’équipage, et ce, jusqu’au décrochage fatal.

La compagnie aérienne espagnole poursuivie

Les juges instructeurs français avaient estimé, à l’issue des investigations, que « divers manquements de la part de la compagnie (Swiftair) » avaient joué un rôle dans l’accident, en particulier une « formation lacunaire » de l’équipage qui ne lui avait « pas permis de réagir de manière adaptée et d’éviter l’accident ».

Ils avaient alors conclu que la compagnie espagnole devait être jugée pour « homicide involontaire par négligence et imprudence », d’autant qu’elle n’avait pas assuré « une formation suffisante à l’équipage ».

Faute d’une formation adéquate, l’équipage n’avait donc pas pris en compte les conditions de vol extérieures, ainsi que la détérioration des paramètres moteurs. Ils n’avaient pas mis en place les moyens nécessaires pour protéger les moteurs de l’avion, selon l’enquête.

Swiftair avait retardé le procès à maintes reprises en France, notamment en 2023, lorsqu’elle avait saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) afin de suspendre la procédure, avançant que le drame résulte de facteurs externes puisqu’un non-lieu aurait été prononcé en Espagne.

En novembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris n’a pas voulu transférer l’affaire à la CJUE, confirmant la tenue d’un procès, en France, d’une durée de quatre semaines, à compter de ce lundi.

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